Yera Moreno, une étoile filante

Malgré sa résilience, la danseuse Yera Moreno a malheureusement perdu son combat contre le cancer du côlon, un mal qui touche aussi les jeunes.  | DR

Carnet noir
La danseuse de 25 ans, Yera Moreno, s’est éteinte le 25 décembre 2024 après un combat courageux contre la maladie.

Le monde de la danse suisse pleure l’une de ses plus belles étoiles. La jeune Yera Moreno brille dans le ciel depuis le 25 décembre dernier. Née le 21 août 1999 à Barranquilla en Colombie, Yera s’installe à Vevey à l’âge de 8 ans avec sa mère. En 2015, elle rencontre Léonilde Torrini, qui deviendra non seulement son mari, mais aussi son partenaire de danse pendant près de dix ans. «C’était un rayon de soleil. Son cœur débordait de générosité et de tendresse, confie-t-il avec émotion. Danser ensemble, c’était une manière de fusionner nos deux univers et notre amour en un. Sa virtuosité et sa simplicité dans ses mouvements étaient tellement naturelles.»

À travers son compte Instagram, Yera partageait régulièrement à ses 100’000 abonnés non seulement son art, mais aussi son combat contre la maladie. Son énergie communicative et sa résilience étaient source d’inspiration pour beaucoup. Dans une publication poignante, sa mère rend hommage à sa fille. «Elle s’est battue avec toute sa force et sa foi, gardant toujours l’espoir jusqu’au bout.» Depuis, une avalanche de messages de soutien affluent, en français, anglais et espagnol, témoignant de l’impact profond de sa lumière.

Yera et Léonilde ont marqué les esprits lors de leurs passages dans diverses émissions télévisées. En 2020, ils deviennent demi-finalistes de «La France a un incroyable talent», puis en 2023, ils brillent dans «Spain got talent», où Léonilde l’a demandée en mariage sur scène. À leur retour en Suisse, Yera est hospitalisée à la suite de douleurs abdominales. Le diagnostic tombe: un cancer colorectal de stade 4. Elle témoigne de son parcours dans un reportage de l’émission «36.9°» de la RTS, qui se penche sur la hausse inquiétante des cancers du côlon chez les jeunes adultes.

Formée en danse contemporaine, Yera n’a pas oublié pour autant ses racines. Salsa et musique latine étaient au cœur de son identité artistique. «Avec son caractère de Colombienne, elle ne se laissait pas faire», raconte Léonilde. Sa rage de vivre traversait tant son œuvre que son combat contre la maladie. «Vous attendez quoi pour vivre?», répétait-elle, jusqu’à ses derniers instants, comme un appel à saisir chaque moment.