
Nous retrouver
Riviera Chablais SA
Chemin du Verger 10
1800 Vevey(Suisse)
IDE CHE.452-762.326
Contact
021 925 36 60
info@riviera-chablais.ch
L’ancienne usine du Moulin-Neuf est située en zone réservée qui court jusqu’en janvier 2027. Son propriétaire a l’intention de la démolir pour y construire des logements. | K. Di Matteo
Les discussions autour de l’ancienne usine du Moulin-Neuf de la rue de la Gare 7 à Aigle continuent. Charles-Pascal Ghiringhelli, propriétaire de cette friche industrielle d’un autre temps et actuellement vide, à l’exception du rez, persiste dans son intention de la démolir pour y construire des logements.
Il se heurte pour l’heure à un non des autorités. Celles-ci invoquent notamment l’actualisation en cours des règles en matière d’urbanisme dans ce quartier stratégique du centre-ville (d’où la zone réservée édictée) et la valeur patrimoniale de ce vestige des anciennes minoteries locales, fermées en 1984.
Charles-Pascal Ghiringhelli a toutefois une position très claire: «Soit je peux trouver de mon vivant un compromis avec des gens quelque peu cortiqués et munis d’un minimum de bons sens, soit la famille laissera ce bâtiment pourrir sur pied pendant 3-4 générations avec des voitures tout autour, ce qui n’est une bonne solution pour personne.»
À noter que les autres bâtiments du Moulin-Neuf, dont l’élégant bâtiment qui longe la rue de la Gare, sont protégés et non concernés.
Quelle valeur patrimoniale?
Pressé durant des années par l’Exécutif de mettre son bâtiment aux normes incendie, le juriste aiglon, malgré plusieurs aménagements, a fini par résilier fin 2024 les baux de ses locataires (essentiellement des artistes). Son intention est claire: démolir ce bien acquis en 1996.
L’Aiglon a déposé son projet à l’enquête publique l’automne dernier, comme la loi l’y autorise, avec demande de dérogation, quand bien même la Municipalité du chef-lieu lui eût préalablement signifié qu’elle ne délivrerait pas l’autorisation. La mise à l’enquête a par ailleurs été sanctionnée par quatre oppositions: Patrimoine suisse, Bernard Nicod, la Fédération des architectes suisses et un particulier (voir édition 232, 10.12.25).
Convaincu de son bon droit, le propriétaire va «sereinement» de l’avant. Ne pourrait-on pas interpréter sa position comme une forme de chantage, surtout au vu de la zone réservée qui court jusqu’en janvier 2027? «Je respecterai le règlement, assure-t-il, mais j’affiche la couleur, c’est le droit légitime de tout propriétaire.»
Les arguments sur le volet patrimonial sont les plus à même de le heurter. «Je rappelle que lorsqu’on m’a pressé d’acheter ce bien que je trouvais moche, cet immeuble était en note 7, soit <à démolir, altère le site> (ndlr: depuis revalorisé en note 6 et 5, soit «objet sans intérêt» et «objet présentant des qualités et des défauts»). Aujourd’hui, on me dit que c’est un témoin du passé auquel il ne faut surtout pas toucher. Qu’on m’explique! Je suis membre de longue date de Patrimoine suisse et fils de marbrier, je suis extrêmement sensible à la conservation des biens qui le méritent, mais là, l’intérêt est nul. Si l’on demandait l’avis des Aiglons, la très grande majorité trouverait que c’est une verrue à démolir pour faire autre chose de bien mieux!»
Qu’y verrait-il à la place? «En premier lieu, du logement, dont le canton a grand besoin. S’accorder sur des toitures et façades harmonieuses avec le reste du quartier est indispensable. Je répète: soit on trouve des gens de bon sens pour aller dans cette direction, soit ce bâtiment restera en plan, ce qui serait une honte.»
D’abord un projet
Pour Fabrice Cottier, municipal des bâtiments et de la police des constructions, «un projet est tout à fait envisageable à la place de l’ancienne usine, pour autant que le nouveau bâti intègre une trace de ce qu’il était avant, quelle qu’elle soit. L’actuel bâtiment fait partie du patrimoine industriel du XXe siècle dans le plan directeur communal».
Il continue: «Nous ne sommes pas opposés à ce que le propriétaire fasse quelque chose de ce bâtiment, bien au contraire, ni qu’il le démolisse, pour autant qu’il nous présente un projet adéquat, qui fasse écho au passé. Sans savoir ce qui est prévu, nous ne pouvons autoriser une démolition.»
Et si le propriétaire décidait de laisser le bâtiment à l’abandon? «Le moment venu, conclut l’élu, nous ferions une nouvelle pesée d’intérêts.»
Riviera Chablais SA
Chemin du Verger 10
1800 Vevey(Suisse)
IDE CHE.452-762.326
021 925 36 60
info@riviera-chablais.ch
Designed and powered by De Visu Stanprod
