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Abigail Seran met des mots sur «Ce qui ne sera pas»

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Littérature
L’autrice montheysanne, qui a verni son dixième ouvrage vendredi dans une Casa Nova comble, signe un roman bouleversant sur le deuil périnatal.

Un soupir, cette sorte de vague verticale pour, en musique, signifier le silence. Puis un second, 30 pages plus loin. Comme pour laisser respirer, accorder le temps d’encaisser le séisme.

Il y a 26 ans, au tournant du millénaire, alors que la Suisse et l’Europe de l’Ouest étaient frappées par la tempête Lothar, Abigail Seran traversait, au côté de son conjoint, un autre ouragan: le deuil de leur premier enfant. Vendredi dernier, 26 ans plus tard, celle qui est également directrice de la Maison des écrivaines, des écrivains et des littératures à Monthey partageait le récit de ce séisme en vernissant «Ce qui ne sera pas – Après la neige», son dixième livre.

«La seule chose qui me semble essentielle, s’est-elle adressée au public venu en nombre, c’est de vous dire combien ce livre est simplement une histoire d’amour et de famille.» Et l’autrice de remercier, très émue, son «merveilleux conjoint, qui a donné son accord pour raconter cette histoire et son assentiment pour la partager», son fils et la compagne de celui-ci, «tous deux si précieux», et puis sa maman, son papa, sa sœur, son beau-papa, sa belle-maman, «qui ont été là dans la tempête et dans l’après».

Sans détour ni impudeur

De l’insouciance des premières semaines de grossesse aux épreuves administratives souvent violentes de l’après, Abigail Seran ne fait l’économie d’aucun moment, trace l’itinéraire de la douleur d’une écriture directe et sensible et accorde les changements de rythme de sa plume aux marées qui la traversent. Il en résulte un récit relativement court, qui assène les faits sans détour, mais sans impudeur. Un ton que l’autrice a forgé voici deux ans dans la Drôme provençale, lors d’une semaine de résidence d’écriture dans la maison de sa maman et de sa sœur. «Cette résidence m’avait été proposée par mes amies autrices Maurane Formaz et Velia Ferracini, alors que j’avais écrit une dizaine de pages et que ce texte stagnait, explique-t-elle. C’est la première fois de ma vie où seule l’écriture a compté.»

L’écrire était une chose; le voir publié en était une autre. «C’était une gageure de trouver une maison d’édition assez courageuse qui oserait le porter. Jusqu’à ce que Laurence Malè, directrice des éditions Okama, me dise que ce risque, si je le voulais, elle allait le prendre. Malgré cela, j’ai douté du bien-fondé de partager ce roman.» Elle a manifestement bien fait d’aller au bout: vendredi, après les très justes lectures musicales par Lorianne Cherpillod et Laurence Malè, Abigail Seran aura dédicacé durant plus de deux heures, sans arrêt, pour un public visiblement ému.

Plus d’infos: Abigail Seran, «Ce qui ne sera pas – Après la neige», éditions Okama, 128 pages.

www.editionsokama.com

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