
Le cascadeur Michael Egli en pleine démonstration de stunt au Moto Show il y a deux ans. | DR
Deux ans après la dernière édition, les deux-roues font leur grand retour à l’occasion du Moto Show. De vendredi à dimanche, les passionnés de belles mécaniques pourront contempler les derniers modèles des plus grands fabricants, mais également participer à une série d’animations en intérieur et extérieur. Grimage et circuit de minimotos pour les petits, tombola et démonstration de stunt (ndlr: discipline de cascades à moto) pour les plus grands, le Moto Show est parvenu à élargir son public depuis le transfert du salon de Vevey à Villeneuve il y a sept ans. «On voit de plus en plus de jeunes et de filles sur ces trois dernières éditions, constate Stéphane Riccio, président du comité d’organisation. Vu qu’il s’agit du premier salon de l’année en Suisse romande, certains motards qui ont hésité à changer de machine tout l’hiver en profitent pour pouvoir se renseigner auprès des différents vendeurs.»
En invitant la police et l’Association les Templiers, qui vient en aide aux enfants harcelés, l’objectif est également de montrer toute la palette d’activités des motards. «Pour nous, c’est important de déconstruire la mauvaise réputation que certains nous collent. Quand un idiot fait n’importe quoi sur la route, c’est l’image de tous les bikers qui en pâtit!», fulmine le président.
Un air des années 80
Invités spéciaux de cette édition anniversaire, les ex-coéquipiers de l’écurie Parisienne-Elf lors de la saison 1984 seront à nouveau réunis. Respectivement samedi et dimanche à 14h45, Jacques Cornu et Roland Freymond répondront aux questions du public lors d’une interview sur le site.
Champion du monde d’endurance et vainqueur de trois GP en catégorie 250 cm3, Jacques Cornu revient sur le moment le plus marquant de sa carrière à quelques jours de la manifestation. «Je pense que c’est mon deuxième succès au GP du Castellet en 1988 qui m’a rendu populaire. Ma première victoire en Autriche avait uniquement eu de l’écho auprès des passionnés qui suivaient déjà les courses. Mais ce n’est qu’à partir des épreuves suivantes que le grand public s’est mis à regarder la moto, parce qu’ils ont su qu’il y avait un Suisse qui gagnait», s’enorgueillit timidement le septuagénaire.
Dans l’ombre des Lucchinelli, Roberts et Sheene, le talentueux Neuchâtelois a connu ses premières saisons en Championnat du monde de vitesse en tant qu’amateur, en parallèle de son métier de mécanicien et en finançant lui-même sa participation en Grand Prix. Une époque à mille lieues de la MotoGP actuelle, dans laquelle celui qui est devenu pilote d’usine en 1985 ne se reconnaît plus vraiment. «Dans les années 80, on réglait nos motos au feeling et on ouvrait les culasses des cylindres pour avoir un œil sur la carburation. Rien à voir avec les heures que les pilotes passent aujourd’hui devant leurs ordinateurs.»
La «saucisse de Montbéliard»
Commentateur passionné de la RTS entre 1979 et 2012, Bernard Jonzier sera présent au salon. Et il se rappelle comme si c’était hier de la première victoire de son ami. «En Autriche, je quitte ma cabine les larmes aux yeux pour rejoindre Jacques à l’interview. Il était autant ému que moi. Boris (Acquadro, chef des Sports de la TSR) a trouvé génial que je mette de l’émotion dans notre échange.»
Avec ses envolées lyriques, comme la mythique «saucisse de Montbéliard» pour désigner ces traces de pneus laissées sur l’asphalte, le possesseur d’une MV Agusta Brutale vivait les courses à fond. «Lorsque j’étais à l’antenne, j’avais la sensation d’être avec les pilotes sur la moto, glisse Bernard Jonzier. D’avoir couru au niveau suisse avant ça et de ressentir les faits de course comme si j’y étais, c’est ce qui faisait ma singularité.» Entre deux rugissements de moteur, le rendez-vous est donné ce week-end à Villeneuve pour davantage de nostalgie.
