Un podcast par des femmes pour des femmes

Cindy Heiniger, spécialiste en podcasts, en a créé un pour s’adresser aux femmes romandes.  | DR

Massongex
La Chablaisienne Cindy Heiniger a lancé en mars «La voie des femmes», déjà huit épisodes, qui aborde des thématiques souvent trop taboues, avec force témoignages et spécialistes.

Petit rappel pour les moins «geeks»: un podcast est un contenu audio numérique que l’on peut écouter n’importe où, n’importe quand, sur Internet, via son téléphone ou un support de prédilection. Certains donnent la possibilité de revoir ou réentendre une émission manquée en direct, d’autres sont des émissions en tant que telles sur une thématique spécifique. 

En une quinzaine d’années, il est devenu l’un des vecteurs les plus utilisés pour s’informer. «C’est même devenu la folie, surtout aux États-Unis, explique Cindy Heiniger, Chablaisienne de Massongex, qui en a fait sa spécialité, notamment en se formant à l’Académie du Podcast de Montréal. Il en existe à ce jour près de 4,7 millions, dont 500’000 seulement sont encore actifs, et 80% ne dépassent pas le huitième épisode en moyenne. D’où l’importance de bien <nicher>.» Entendez: définir précisément son public cible.

Désormais formatrice, elle en a elle-même créé plusieurs, dont «Podcast mode d’emploi», 83 épisodes à ce jour. Depuis le 8 mars, «La voie des femmes» propose des témoignages sur des thématiques sensibles, voire taboues, ces dernières étant décortiquées par une ou des spécialistes, elles aussi féminines. «Un podcast fait par des femmes pour des femmes, résume Cindy Heiniger, même si je ne stigmatise pas les hommes. Je veux simplement mettre en lumière des femmes qui ont des parcours incroyables et qui peuvent en aider d’autres à sortir du silence.»

Rencontre décisive

C’est à la suite d’une rencontre précise que Cindy a senti sa fibre féministe vibrer très fort. «J’ai rencontré trop de femmes qui se sentent illégitimes, et une en particulier. Elle était au bénéfice d’un doctorat en neurosciences, hésitait à créer un podcast sur le sujet, mais m’expliquait connaître un sportif qui ferait sûrement ça mieux qu’elle… Ca m’a mis une claque, et j’ai décidé de donner la parole à des femmes de Suisse romande.»

Elle a donc choisi le 8 mars dernier, date de la Journée internationale des droits des femmes, pour annoncer le premier épisode mis en ligne le lendemain, à raison d’un tous les deux lundis, sur des thèmes tels que le burn-out, l’infertilité, devenir maman de jumeaux, le cycle féminin ou, plus pointu, la sociophotographie. «Sur les neuf épisodes produits jusqu’ici, celui sur les violences domestiques a été le plus écouté. Je compte quelque 150 écoutes par épisode en moyenne. J’ai un format de base, entre 45 minutes et une heure d’émission, dont 20 minutes de témoignages, mais le podcast permet des formats très libres.»

L’émission, en pause estivale, reprend le 7 septembre. 

Plus d’infos: «La voie des femmes», disponible sur toutes les principales plateformes de streaming, dont Spotify et YouTube.