L’expérience client avant tout, credo de la nouvelle directrice

Qui aura la plus belle coupe mulet? Ce concours loufoque est déjà devenu un des temps forts de la Foire.  | Foire du Valais

Foire du Valais
Première femme à diriger la Foire du Valais, Carole Moos aborde cette 66e édition avec un regard neuf, mais sans volonté de tout bouleverser. Elle entend continuer à mettre l’accent sur l’accueil, préserver l’âme de ce rendez-vous populaire et donner aux jeunes l’envie d’en franchir les portes.

Entrée en fonction le 1er juin, à quelques mois de l’ouverture, la nouvelle directrice reconnaît volontiers qu’elle n’a pas conçu l’essentiel de cette édition. Le montage, commencé plusieurs semaines à l’avance, l’impressionne. «On construit une ville dans la ville.» Le jour de l’ouverture, rien de cette mécanique ne devrait se voir, tout doit simplement être prêt. 

Derrière les stands se trouvent les équipes techniques, les restaurateurs, les partenaires et près de 400 exposants. Leur fidélité et les habitudes qu’ils créent constituent, selon elle, l’ADN commercial de la manifestation.

Carole Moos met sa solide expérience de l’hôtellerie, de la restauration et du tourisme au service du public. Pour elle, l’accueil commence bien avant l’entrée: informations claires, billetterie numérique, transports et parkings. Sur place, cela passe aussi par une circulation fluide, des vestiaires, la sécurité ou encore suffisamment de toilettes. «Cela paraît peut-être bête, mais au niveau logistique, c’est important.» Tout doit inviter à profiter pleinement de la Foire.

Un air de Bollywood 

Cette année, Martigny Expo se transforme en un immense plateau de tournage: les exposants plantent le décor et le public passe au premier plan. Dans les allées, des équipes valaisannes et fribourgeoises filmeront visages, rencontres et coulisses pour réaliser des courts-métrages. Le dénouement aura lieu le 10 octobre, avec leur projection devant un jury.

Le voyage se poursuivra au cœur du cinéma indien. Sur près de 500 m², quatre salles déploieront les univers hauts en couleur de Bollywood: d’une rue de Bombay (Mumbai) en plein tournage aux palais de Jaipur, en passant par les costumes chamarrés, les coulisses et le mythique Taj Mahal. Pour prolonger l’expérience, un village de 600 m² ouvrira ses portes réunissant artisans, épices, pashminas, salon de thé, cuisine indienne, musique et danse. Dépaysement assuré.

Port-Valais et nuques longues

Hôte d’honneur de cette édition, Port-Valais fera souffler un air du Léman sur Martigny. Du Bouveret aux Évouettes, la Commune présentera sur son stand ses attraits touristiques, son terroir et son artisanat, tandis qu’un cortège rappellera que le Valais ne s’arrête pas au Chablais: il commence aussi les pieds dans l’eau. 

Et last but not least, le dernier dimanche, la désormais très fameuse Swiss Mullet Cup reviendra pour une deuxième édition. Les adeptes de ces audaces capillaires rebelles et héroïques pourront s’affronter à l’Espace Live le 11 octobre, en défilant dans différentes catégories, avec vote en ligne et passage devant le jury. Cela sera sans doute l’un des moments forts de la Foire valaisanne.

Infos: La 66e Foire du Valais se tiendra du 2 au 11 octobre 2026 à Martigny. Informations et billetterie: foireduvalais.ch

Carole Moos, le goût de recevoir

Valaisanne installée à Martigny, Carole Moos a travaillé dans la restauration de deux hôtels cinq étoiles, à Vevey et à Genève, avant de passer plus de dix ans chez Téléverbier. Membre de la direction générale, elle y pilotait les secteurs commercial et marketing, la restauration et l’hébergement.

Être la première femme à la tête de myexpo et de la Foire représente «une extrêmement grande fierté». Ce n’est pourtant pas ce qui l’a poussée à postuler. La question du genre ne se posant pas, elle évoque surtout l’envie de servir une région qu’elle aime. «J’ai toujours adoré accueillir, être généreuse et faire en sorte que les personnes passent un bon moment.»

La Foire figurant désormais au patrimoine culturel immatériel valaisan, pour sa directrice, cette reconnaissance responsabilise et signifie aussi que «cet événement régional ne nous appartient pas, il appartient à tout le monde». Préserver cet héritage ne signifie pourtant pas figer dans le marbre la même formule. Les produits du terroir, l’ancrage local, la gastronomie, les traditions et le rendez-vous rituel entre amis doivent conserver leur place. Mais la Foire doit également s’ouvrir aux technologies, à la culture et à de nouvelles formes d’animation. «Nous avons, par exemple, des conférences extrêmement professionnelles et de haut niveau. Le principal défi sera d’attirer les jeunes générations et de maintenir la Foire véritablement transgénérationnelle.»