
L’installation Stalagtor d’Emmanuelle Antille dialogue avec une sélection d’œuvres d’artistes invités et issues des collections du musée. | Musée Jenisch Vevey
«Que les gens soient professionnels de l’art ou pas, on s’en fout!» Nicolas Marolf, directeur artistique de l’exposition Coming Out à Saint-Maurice, donne le ton. Pour ses 10 ans, l’Espace ContreContre expose ses propres bénévoles et brouille, jusqu’au 18 octobre, la frontière entre amateurs et artistes confirmés.
«Ce qui m’a marqué, c’est l’âme de l’endroit», raconte Gabriel Premand, bénévole depuis 2018 et aujourd’hui exposant. En retrait, au pied de la Grotte aux Fées, dans cette ancienne halle industrielle réaménagée par des artistes, tout invite à la création. C’est là, au contact du collectif, de ses ateliers et de ses soirées cinéma, qu’il s’est mis à la photographie. «Même ceux qui ne se sentent pas légitimes à créer sont encouragés à le faire.»
Ils sont une vingtaine à exposer: photographies, sculptures, installations. «L’objectif est de donner à voir des expressions que l’on ne retrouve pas forcément dans les musées et qu’on verrait chez un voisin, chez un oncle, poursuit Nicolas Marolf. Tout le monde a un poème de jeunesse, une musique, quelque chose qu’il a créé un jour.»
Ici, l’étiquette de dilettante est portée en étendard. «J’aime beaucoup ce mot et je regrette qu’il ait pris une connotation péjorative, explique-t-il. Il fut un temps où les gens s’en réclamaient. Ils se disaient: <Je ne suis pas Mozart, mais j’aime créer, qu’importe le résultat.>.»
Du politique à l’intime
Marie Morisod expose pour la première fois. Ses trois poèmes et sa photographie occupent une vitrine de la Grand-Rue, à quelques centaines de mètres de la halle. Pour cette enseignante d’anglais, l’exposition tient aussi du coming out artistique. «Longtemps, c’était surtout pour moi. L’écriture avait quelque chose de cathartique.» Puis ses textes sortent peu à peu de l’intime: elle les montre à une collègue qui l’encourage, publie quelques poèmes en story sur Instagram, avant d’oser les déclamer en public.
Son triptyque joue sur plusieurs sens de Coming Out, du politique à l’intime. Dans le plus personnel, elle raconte comment elle a appris à «sortir de [sa] coquille». Pourtant, lorsqu’on lui demande si elle ne craint pas de livrer des textes aussi intimes, elle s’étonne: «Je n’y avais jamais pensé. Il faut croire que chez moi, le désir de faire était plus fort que la crainte de m’exprimer.»
Plus d’infos:
www.contrecontre.com/expositions/coming-out%2C-collectif-contrecontre
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