
Niché au bord de la zone industrielle de La Veyre, le Lob est devenu une enseigne incontournable sous la houlette de Beate et Eric Lacueille. Le duo accueillera ses derniers clients ce vendredi. | R. Brousoz
«C’est une page qui se ferme, et une autre qui s’ouvre.» À une semaine de remettre les clés du Lob, le restaurant du club veveysan de tennis qu’elle tient depuis 32 ans avec son mari Eric, on ne peut pas dire que Beate Lacueille soit nostalgique. On pourrait même sentir une petite pointe de réjouissance dans ses yeux, tant la nouvelle vie qui l’attend s’annonce déjà bien remplie.
Pour autant, même après trois décennies intenses – durant lesquelles le couple a aussi élevé leurs jumeaux – la gérante de 64 ans n’a rien perdu de sa flamme d’hôte. En témoigne notre entretien entrecoupé de ses allées et venues pour servir des clients. «Mon employée a manqué son bus, je dois la remplacer», explique-t-elle avant d’aller encaisser une tablée. Son époux, lui, est allé se reposer de sa matinée avant d’enchaîner le service du soir.
C’est le 1er octobre 1995 que l’Autrichienne et le Français d’origine ont pris les commandes de cette enseigne au bord des courts. Avant ça, leur cadre de vie était plus alpin. «On s’est connus aux Diablerets, où je travaillais comme cadre à l’Eurotel Victoria, et lui était chef cuisinier à l’Auberge de la Poste. J’ai passé ma patente et quelques années plus tard, il y a eu cette opportunité ici à Saint-Légier.»
Stars, patrons ou ouvriers
«Au fil des années, la zone industrielle de La Veyre s’est agrandie et ça a été un atout pour nous», souligne-t-elle en évoquant les cafés de bon matin (les portes du Lob ouvrent à 6h) et les apéros qui attirent tant des groupes d’ouvriers que les membres des directions alentour. Côté cuisine, les plats de viandes en sauce mijotés par Eric ont trouvé leur public, tout comme son pâté en croûte fait maison, devenu le grand classique de l’enseigne.
Le Lob a aussi vu défiler des grands noms du tennis. «En 1996, un grand tournoi Rado a eu lieu ici, se remémore Beate. Il y avait Georges Bastl, Marco Chiudinelli ou encore Mirka Vavrinec, l’épouse de Roger Federer.» On notera aussi, sur les murs, la photo d’un jeune Stan Wawrinka avec les patrons. Sans oublier Jakob Hlasek, qui vient souvent ici en voisin et ami.
Si ces grands événements font partie des bons moments, le chapitre des mauvais souvenirs, lui, se résume à la pandémie. «Nous sommes restés huit mois sans travailler, sans rentrées d’argent, déplore-t-elle. La restauration n’a pas beaucoup été aidée.»
Comme beaucoup de ses homologues, Beate constate que cette période a transformé certaines habitudes. «Les clients sont plus stressés et s’attardent moins à table. On remarque aussi que c’est devenu l’enfer pour trouver du personnel. Les gens n’ont plus envie de travailler tôt le matin, le week-end, etc.»
«Un temps pour tout»
Le couple, qui vit à Saint-Légier, servira ses derniers clients ce vendredi 25 septembre, avant de rendre définitivement ses tabliers. Arrivée à l’âge de la retraite, la gérante prévoit de consacrer une partie de son temps au bénévolat, «comme dame de compagnie dans les EMS ou à travers l’association de transport bénévole 4 Roues de Secours».
De quatre ans son cadet, son mari doit se trouver un autre piano de cuisine avec lequel jouer encore quelques années. Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir poursuivi l’activité au Lob? «Le bail de cinq ans arrive à son terme, et personnellement, je ne souhaitais pas le renouveler pour devoir travailler à nouveau cinq ans, sourit la patronne. Il y a un temps pour tout!»
Quant à l’établissement, il sera repris dès le 1er octobre par la famille Da Dalto, qui gère le FairPlay – restaurant du tennis club de Puidoux – ainsi que le restaurant du Lac de Bret.
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