
À son arrivée, au tennis de Saint-Légier, Cédric Robert a été accueilli par sa famille, des proches et des politiciens locaux. | DR
Le 6 août 2025, c’était avant tout les 80 ans de la bombe atomique d’Hiroshima. Cédric Robert, lui, a subi ce jour-là un triple pontage coronarien, un autre type d’explosion, un «big bang» à sa modeste échelle. «Ma deuxième naissance», ajoute le Blonaysan, 60 ans la semaine prochaine.
Pour parfaire cette renaissance, il a donc voulu parcourir samedi les 100 km entre Fribourg et son domicile de Blonay-Saint-Léger en moins de 24 heures. Baptisé «Cœur à sang pour cent», ce projet est né d’une suggestion de son ami infirmier Baptiste Pernet, qui a pris part à la virée. «La seule fois où j’avais parcouru une telle distance, c’était à 21 ans, à l’école d’officiers», lance Cédric Robert.
Mission accomplie pour le duo: la commune de la Riviera a été ralliée en un peu plus de 17 heures, pauses comprises. L’ancien municipal de Villeneuve n’a toutefois pas l’intention de réduire l’aventure à une simple démarche personnelle et cherche au contraire à la rendre utile au plus grand nombre.
Un apprentissage par étapes
Pour en raconter la genèse, il remonte à ce fameux match de tennis du printemps 2025. «Je n’arrivais pas à reprendre mon souffle entre deux balles et j’avais un froid persistant sur la poitrine.» L’intelligence artificielle lui suggère une angine de poitrine et conseille de consulter rapidement.
Dès lors, tout s’enchaîne. L’angine de poitrine est confirmée, des tests complémentaires du cœur lui sont prescrits et le verdict chez un spécialiste est implacable: les trois coronaires sont obstruées à près de 70%. Beaucoup trop pour régler la chose avec de «simples» stents.
La cause du mal est quant à elle vite identifiée: le stress. «Cela faisait trois ans que je ressentais une pression sur la poitrine, mais j’avais mis ça sur le compte de l’âge, du surpoids. Même après avoir perdu 14 kilos, cela persistait. J’ai compris trop tard que le stress pouvait boucher des artères.»
Ce qu’il comprend également au fil des semaines, c’est la situation de détresse dans laquelle certains patients peuvent se trouver, de même que leur entourage. Son épouse et ses deux filles peuvent en attester.
Dernière découverte d’une longue liste: le patient n’imaginait pas sortir du lit quelques heures seulement après son retour de la salle d’opération. «Le matin, vous êtes à <coffre ouvert>, l’après-midi sur pied pour entamer la reconstruction.»
Chaîne YouTube et levée de fonds
Ces divers apprentissages lui ont inspiré la chaîne YouTube «Cœur à sang pour cent», où il explique, cherche à dédramatiser. «Le pacemaker, les drains, la sonde urinaire, le suivi post-opératoire, toutes les étapes, je ne voulais rien cacher.» Au total, une trentaine de vidéos sont en ligne. «Aussi pour exprimer ma reconnaissance au corps médical et aux secouristes», ajoute-t-il.
Au fil des rencontres avec des compagnons d’infortune, le club des Chevaliers du cœur se constitue. Ce sont certains de ces anges gardiens qui ont préparé le petit déjeuner des 60 km sur le parcours de samedi, tandis qu’un autre a suivi les coureurs sur son vélo pour assurer les ravitaillements. «Solidarité et bienveillance, résume Cédric Robert. Le but de ce groupe est d’organiser des sorties, de garder le contact, d’être de bon conseil au besoin. Nous réfléchissons d’ailleurs à créer une association.»
Dernier volet du projet, une levée de fonds au profit de la Fondation suisse de cardiologie, avec comme objectif la barre des 10’000 francs. Et Cédric Robert de conclure: «Tous ces efforts sont pensés dans un seul but: < Se reconstruire, avancer, partager>». Soit la devise de «Cœur à sang pour cent.»
Plus d’infos: coeurasangpourcent.ch
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