
Toujours à l’affût de nouvelles idées, Matteo Bonvin avance au gré des rencontres et des opportunités. | C. Kilchenmann
À plusieurs milliers de kilomètres de la Suisse, Matteo Bonvin s’accorde une parenthèse. Le jeune entrepreneur est actuellement à Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande, où il profite de deux semaines de vacances avec Cynthia, sa compagne. Enfin, même à l’autre bout du monde, le jeune homme garde son ordinateur à portée de main.
À seulement 26 ans, Matteo Bonvin est à la tête de MB Media Group Sàrl, l’agence de marketing digital qu’il a fondée et dont le siège se trouve à Granges. «J’ai développé cette entreprise dès mes 18 ans, en parallèle de mon apprentissage à l’UBS. Au début, je faisais uniquement de l’e-commerce. Ensuite, je suis parti dans une banque privée, mais j’ai continué à développer la boîte à côté, déroule celui dont les deux parents ont exercé dans le secteur bancaire. Entre 2020 et 2021, avec la pandémie, toutes les entreprises locales avaient besoin d’être présentes sur les réseaux sociaux. C’est à ce moment-là que je suis passé du e-commerce à l’agence qu’elle est aujourd’hui, avec la création de sites Internet et l’accompagnement de PME et d’indépendants sur leur marketing digital.»
Après quatre ans en banque privée, Matteo Bonvin quitte son poste en 2024 pour se consacrer pleinement à son entreprise, devenue incompatible avec son activité salariée. Une réussite qu’il attribue notamment au fait de s’être lancé au bon moment, en pleine période de Covid.
La curiosité comme moteur
«Dès le début, on a voulu garder des tarifs accessibles pour les PME et les indépendants, avec une offre de base à 150 francs par mois. Aujourd’hui, on a aussi de gros projets, et ça nous permet de continuer à accompagner de petites entreprises qui ont des budgets plus serrés. Notre tout premier client, Boss’Beer, à Bossonnens, est d’ailleurs toujours avec nous. Ils payaient environ 50 francs par mois au départ et je n’ai jamais changé leur tarif», raconte le jeune entrepreneur.
Matteo Bonvin ne s’est fixé qu’une seule règle, celle de s’investir uniquement dans des domaines qu’il maîtrise. La passion et la curiosité sont les moteurs de son parcours. Elles l’ont notamment poussé à créer une entreprise dédiée à l’immobilier, MB Real Estate Sàrl, ainsi qu’une boutique en ligne consacrée aux cartes Pokémon, Swiss Pokéshop.
Les rencontres jouent également un rôle important dans les opportunités qu’il saisit. À l’image de koatch., lancé avec Federica Vero, rencontrée à l’UBS de Lausanne, qui accompagne des coachs sportifs dans l’organisation de retraites en Suisse ou en Europe. «J’ai également un mentor, Antoine Lorotte. À chaque fois que j’échange avec lui, j’ai l’impression de gagner cinq ans d’expérience», partage l’habitant de Châtel-Saint-Denis.
L’envie de réussir
Pourtant, de l’expérience, Matteo Bonvin en a déjà accumulé. En six ans, l’entrepreneur a pris l’habitude de prendre du recul, de s’écouter et de faire confiance à son instinct. Son histoire personnelle l’a aussi amené à porter un regard particulier sur la chance. Adopté au Vietnam alors qu’il n’avait que quelques mois, il mesure combien sa vie aurait pu être différente. Surtout, il sait désormais lever le pied sans culpabiliser, même s’il lui arrive encore de sauter quelques repas à midi. «Je suis quelqu’un qui ne lâche rien. Je préfère me prendre un mur plutôt que d’abandonner. Si j’arrête quelque chose, c’est que j’ai vraiment tout essayé», confie avec franchise le jeune homme.
De la persévérance, il lui en a fallu pour s’imposer dès l’âge de 20 ans et bâtir sa clientèle. Aux jeunes qui souhaiteraient se lancer à leur tour, il conseille de «commencer petit, mais de se lancer». Lui-même revendique cette volonté de bousculer les habitudes et d’aller au bout de ses ambitions. «Les jeunes qui ont des projets, il faut les encourager plutôt que de dire que ma génération est pourrie.»
Seule exception à sa volonté de transformer ses centres d’intérêt en business, le DJing reste un plaisir pour Matteo Bonvin. Sous le pseudonyme DJ SECTION II, il mixe depuis ses 18 ans, notamment à Globull. «Je serais malheureux de devoir en vivre. J’aime pouvoir mixer de temps en temps, me vider la tête et prendre du plaisir.»
Au moment de raccrocher, une dernière anecdote lui revient. «J’ai eu la chance de travailler avec Cristian Gamero, l’acteur principal de «J’irai cracher sur vos tombes». Je me suis retrouvé un samedi matin avec mon caméraman à tenir des lumières dans une baignoire pour tourner une publicité avec lui. C’est juste fou de vivre des choses comme ça, avec des gens avec qui je n’aurais jamais imaginé travailler un jour.»
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