Des îles de Bora-Bora aux poyas de la Gruyère

Les poyas colorées de Willy Läng foisonnent de détails sur la vie alpestre.  | I. Bloch

Château-d’Œx
Grand voyageur, l’artiste Willy Läng a posé ses valises depuis un demi-siècle au Pays-d’Enhaut. Au fil des ans, il s’est épris de la vie alpestre. Désalpes, armaillis et autres bouèbes n’ont plus de secrets pour lui. Rencontre.

Une enfance passée dans le quartier de Carouge à Genève, une passion pour la peinture, qui se «dessine» dès l’adolescence, puis des séjours aux quatre coins du monde ou presque, ont forgé la personnalité de Willy Läng. Installé depuis près de 50 ans à Château-d’Œx, cet artiste s’est spécialisé dans la peinture sur bois. Ses traits tracent les contours des paysages de la région. Des décors à mille lieues de la Polynésie et ses archipels. Un lieu exotique où Willy Läng a passé sept ans de sa vie à dessiner dans sa maison de Bora-Bora située au bord du lagon, et à exposer à Tahiti. 

De retour en Suisse, son coup de pinceau conserve la même finesse. Au début, l’artiste peint essentiellement des chalets, ainsi que des paysages pour les propriétaires avoisinants. Le bouche-à-oreille faisant son effet, il devient rapidement reconnu pour tout autre chose… ses poyas! 

Un art à quatre mains

Willy Läng réalise ces pièces si caractéristiques du monde agricole fribourgeois sur des planches. Elles sont généralement accrochées au-dessus des portes des granges ou des étables et représentent des paysans et leurs vaches se rendant à l’alpage à la belle saison. 

L’octogénaire en crée sur-mesure en fonction des attentes et des goûts de ses clients. Il travaille souvent «à quatre mains» avec Ariane Freudiger qui l’accompagne depuis de nombreuses années dans ses réalisations artistiques. Cette Veveysanne apprécie tout particulièrement la peinture animalière. Elle se charge ainsi des dessins des vaches et autres animaux, pendant qu’il consacre son énergie à soigner l’environnement (montagnes, chalets d’alpage, etc.). 

Victimes de leur succès, les œuvres de ces deux artistes trouvent aujourd’hui preneurs dans toute la Suisse, mais aussi à l’international. «Plusieurs sont d’ailleurs sur le point de partir pour un long voyage à l’autre bout du monde», confirme le Damounais. 

Mais Willy Läng ne fait pas que des poyas. Avec plus d’une corde à son arc, il se définit volontiers comme un «généraliste». Il réalise avec autant de plaisir aussi bien des courroies en cuir stylisées pour soutenir le cou des vaches, que des peintures sur les murs de maisons ou des animaux et personnages décorant des rochers. Peu importe le support, l’artiste a sa routine: il prend des photos pour mieux respecter l’exactitude du décor qu’il va reproduire, qu’il s’agisse de montagnes, de chalets ou de cloches de vaches. Ce soin du détail se ressent fortement dans les créations de l’artiste. En s’y plongeant attentivement, on entendrait presque sonner les sonnailles!

www.poyawilly.ch

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