
Depuis le 1er juillet dernier, Laurie Willommet est devenue la syndique la plus jeune (34 ans) de Vevey. | N. Desarzens
Entre un match de la Nati suivi sur le grand écran de la fan zone de Vevey et une session de tennis, Laurie Willommet nous accueille à l’Hôtel de Ville, en tenue de sport. Il faut dire que la socialiste aime cultiver la décontraction et la proximité. «Je ne cours jamais en tailleur!», plaisante-t-elle.
Maintenir une activité physique à côté de son mandat politique: «une priorité», qui lui permet d’éviter de trop cogiter. Accéder à la syndicature, un rêve d’enfant? «Pas vraiment. Contribuer à rendre le monde un peu meilleur, ça oui! Et puis, endosser ce rôle permet de prouver aux filles et aux femmes que cette place est aussi la leur.»
«Trop jeune» ou jupe «trop courte»? La Veveysanne a été la cible de remarques déplacées dès son entrée en politique. «J’ai aussi appris à me nourrir de toutes les belles choses inhérentes à la fonction, et je peux compter sur un réseau important, vers lequel je me tourne lorsque j’ai besoin de conseils.»
Des revers formateurs
Aujourd’hui à l’aise dans ses baskets, tout comme dans sa nouvelle fonction, la trentenaire au «parcours académique et professionnel biscornu» a dû se faire violence pour se sentir légitime. Car en 2021, celle qui aurait voulu devenir comédienne débarque à 29 ans au sein de la Municipalité, sans aucune expérience politique préalable.
Rétrospectivement, Laurie Willommet est fière du chemin parcouru. Après avoir terminé sa formation postobligatoire au gymnase du Burier, elle quitte le foyer familial à ses 18 ans pour s’installer à Vevey. Autonome, elle doit alors jongler entre ses études et des boulots à temps partiel en tant que vendeuse. Elle opte finalement pour un cursus à l’Université de Neuchâtel en psychologie et éducation, et en ressort avec un bachelor en poche. «Ces différentes déconvenues m’ont permis de cerner ce qui me plaisait, plutôt que de me conformer à des attentes.»
Un cursus rythmé par des remplacements dans les écoles veveysannes, ce qui lui offre une porte d’entrée dans l’enseignement. Ce travail auprès d’élèves en difficulté suscite d’ailleurs la première étincelle politique. «Face aux inégalités inhérentes au système scolaire, j’ai voulu m’investir pour changer la donne. L’égalité des chances est devenue mon fil rouge.»
Une fonction de trait d’union
La suite, on la connaît – plus ou moins. «C’est durant la campagne que j’ai réalisé que je me sentais enfin au bon endroit. J’ai constaté que la politique me permettait de faire converger mes intérêts et mes valeurs.»
Durant sa première législature (2021-2026), à la tête du dicastère Jeunesse et Sports, elle s’investit d’ailleurs pour les jeunes, via le projet Spark, la refonte des préaux et le développement de l’accueil parascolaire. Et elle ne craint pas de prendre des décisions difficiles, à l’instar des remous ayant secoué les clubs de basket et de foot ces derniers mois.
Membre de l’Exécutif la mieux élue, avec plus de 57% des suffrages, son accession à la syndicature est tacite. Dans un contexte financier complexe, «sans mentionner l’initiative 12% qui me fait très peur», le défi de la nouvelle législature sera de continuer une politique ambitieuse. «Je reste persuadée en la force du compromis et du dialogue. Car on ne construit rien de solide dans l’unanimité.»
Welcome Back 👋
Sign in to access your account and continue where you left off.
Welcome aboard 🚀
Create your account to access everything you need.
