Fatigué, le pont de Brent devra passer par la case bétonneuse

Passage clé entre Blonay et Montreux, l’ouvrage est emprunté par de nombreux véhicules et piétons. | R. Brousoz

Patrimoine
Âgé de 125 ans, l’ouvrage laisse apparaître des fissures sous ses voûtes. Sur la chaussée, la sécurité des piétons et des cyclistes devra aussi être améliorée.

Au fil des décennies, le restaurant étoilé du même nom lui a presque volé la vedette. Pourtant, le pont de Brent – on parle bien de l’ouvrage – est toujours là, même s’il a tendance à disparaître derrière une végétation luxuriante. Construit en 1901 et reconnaissable à ses multiples voûtes qui enjambent la Baye de Clarens, l’édifice en pierre naturelle montre des signes de fatigue. Sa dernière remise en état remonte, elle, à 1984.    

L’an dernier, des inspections ont été réalisées par le bureau d’ingénieurs lausannois INGPHI. «Bien qu’il s’agisse d’un ouvrage robuste, certaines dégradations prétéritent sa durabilité, en particulier l’étanchéité défectueuse», indique le rapport remis aux Communes de Montreux et de Blonay-Saint-Légier, co-propriétaires de cet édifice de 112 mètres de long et 24 mètres de haut en son centre. 

Au terme de ces auscultations, l’état du pont a reçu la note de 3 du barème de l’OFROU. En clair: il présente des «dommages de gravité moyenne sans incidence sur la sécurité, mais nécessitant une surveillance accrue». 

Selon les spécialistes, les «dégradations les plus critiques» sont des fissures qui apparaissent à la surface des murs des voûtes. À certains endroits, ces failles dépassent les 5 cm et de l’eau s’en échappe. «Une remise en état et un renforcement de la maçonnerie, ainsi que la mise en place d’une étanchéité efficace sont nécessaires à un horizon de 3 ans», estime le bureau d’ingénieurs. Parmi les mesures proposées: la mise en place d’une dalle en béton armé sur les voûtes.  

Trottoirs trop petits

Pointée du doigt également: la sécurité sur la chaussée. «La largeur des trottoirs n’est pas suffisante pour la sécurité des piétons», tout comme «les garde-corps ne permettent pas de reprendre un choc de véhicule», notent les ingénieurs. 

Du côté politique, le processus devant lancer le chantier est en marche. Après Montreux en septembre dernier, le Conseil communal de Blonay-Saint-Légier vient de débloquer un montant de 137’000 francs pour de nouvelles études. Il s’agira notamment de comparer deux variantes pour améliorer la sécurité des piétons et des cyclistes. À savoir: le maintien de deux trottoirs étroits de part et d’autre de la chaussée, ou la réalisation d’un passage plus large d’un seul côté.

Ces travaux sont estimés à près de trois millions de francs et seraient financés à part égale entre les deux Communes. Ils devront encore être approuvés par les deux organes délibérants. Leur durée est estimée à une année, dont six mois pour la chaussée. Le trafic devrait être interrompu. 

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