« Je vise la finale sur 200m »

Au sommet de sa forme, Léonie Pointet vise la finale cette semaine aux championnats d’Europe de Birmingham.  | athletix_ch

Athlétisme
Les championnats d’Europe ont lieu cette semaine à Birmingham et la sprinteuse de Jongny Léonie Pointet, en top forme cette saison, ne cache pas ses ambitions.

Depuis 2023, Léonie Pointet (25 ans), spécialiste du 200m, n’a pas raté un seul grand événement international, en s’améliorant régulièrement au fil des saisons. «Elle a besoin de sentir qu’elle progresse pour avoir envie, éprouver du plaisir à s’entraîner, et croyez-moi, c’est une sacré bosseuse», relève Nicole, sa maman, la syndique de Jongny. Elle et François le papa seront à Birmingham cette semaine pour la soutenir.

En mai dernier, à Zofingue, l’étudiante en physiothérapie a battu son record personnel en 20,69, le 8e chrono européen de la saison, ce qui lui vaudra d’être directement qualifiée ce mercredi pour les demi-finales, sans passer par les séries. Ses ambitions, elle les affiche sans hésiter. «Je vise la finale et ensuite tout est possible!», nous glisse-t-elle quelques jours avant le grand rendez-vous de la saison.

Léonie a commencé l’athlétisme à 8 ans en suivant les traces de Chloé, sa sœur aînée, et à 14 ans, elle a choisi le sprint. «J’ai toujours aimé la sensation de vitesse, travailler chaque petit détail.» Plutôt que le 100m, elle se concentre depuis plusieurs saisons sur le 200. «Sur 100m, tout se joue souvent au départ, sur 200m, on a quand même une petite marge d’erreur, et j’adore négocier le virage en pleine vitesse», confie-t-elle. Comme le relève son entraîneur, le Lausannois Kenny Guex, c’est sur les 60 derniers mètres qu’elle doit plus performer. «Léonie se crispe un peu en voyant la ligne d’arrivée, alors qu’il est primordial de rester totalement concentré sur sa course, sans y penser. Mais ça va mieux!»

À Paris, son rêve se réalise

En 2024, la Vaudoise a vécu le plus grand moment de sa carrière en disputant avec l’équipe suisse la finale du relais 4x100m des JO de Paris, aux côtés des stars américaines et jamaïcaines. «Le Stade de France était bourré à craquer, il y avait un bruit incroyable, c’est mon rêve de toujours qui s’est réalisé ce jour-là», raconte-t-elle. Les Suissesses ont fini 6es avant d’être disqualifiées pour un passage de témoin incorrect entre Léonie et Mujinga Kambundji. Une Mujinga, star de l’athlétisme suisse, qui est déjà de retour dans l’équipe pour ces Européens huit mois seulement après avoir donné naissance à un petit garçon. «C’est assez incroyable, relève Léonie. Je l’aime beaucoup comme les autres filles du relais d’ailleurs.» À Birmingham, elles sont 7 pour 4 places et l’équipe fera une nouvelle fois partie des favorites pour le podium, un objectif jamais atteint jusqu’ici. «On nous le promet chaque fois et on n’y parvient pas. C’est rageant, mais j’espère que ce sera la bonne cette semaine», enchaîne Léonie.

Une façade un peu introvertie cache chez elle un caractère impétueux, bouillant à l’intérieur, ce qu’elle assume. «Avec un tempérament trop tranquille, ça ne marche pas en sprint», sourit-elle. Selon Kenny Guex, la Vaudoise a pourtant appris au fil des saisons à mieux maîtriser ses émotions. «Plus jeune, Léonie était impatiente, elle avait tendance à vouloir tout tout de suite. Aujourd’hui, elle a compris qu’une carrière au top niveau se construit pas à pas, sur le long terme.»

Une équipe suisse pleine d’ambitions

Vivant une période faste, l’équipe suisse n’aligne pas moins de 67 athlètes à Birmingham, un record. Dont plusieurs visent l’or, comme Ditaji Kambundji, la sœur cadette de Mujinga, championne du monde en titre du 100m haies, la Fribourgeoise Audrey Werro, invincible cette saison sur 800m, Angelica Moser à la perche et chez les hommes Simon Ehammer à la longueur et Jason Joseph sur 100m haies. Léonie s’en félicite. «Cela nous pousse les uns les autres vers le haut, on veut rendre la Suisse fière!» Selon Kenny Guex, responsable national du sprint, des haies et des relais, cette réussite ne doit rien au hasard. «Par le passé, l’athlétisme suisse n’a brillé que par des exploits isolés. Aujourd’hui, on bénéficie d’une incroyable densité de champions pour un petit pays, cela récompense le super travail de la fédération.»

Les JO de Los Angeles dans deux ans constituent le grand objectif de Léonie Pointet. Elle aura 27 ans, un âge idéal pour les disciplines de vitesse. «Longtemps, on a pensé qu’une carrière de sprinteuse touchait à sa fin à l’approche de la trentaine, ce qui n’est plus du tout le cas aujourd’hui, enchaîne Kenny Guex. Voyez la Jamaïcaine Fraser Price, championne du monde du 100m à 35 ans en 2022. C’est dire que Léonie a de très belles années devant elle.»