
Par 40 voix contre 6 et une abstention, le Conseil général de Châtel-Saint-Denis a accepté l’acquisition de la Maison Saint-Victor pour 2,75 millions de francs. Dans la foulée, il a toutefois refusé le crédit de 650’000 francs destiné à étudier sa transformation.
Au-delà de l’enjeu patrimonial, la Commune envisageait d’y aménager cinq salles de classes, un accueil extrascolaire et divers espaces, afin de répondre à la hausse des besoins scolaires dès 2028. La transformation est estimée à 7,85 millions de francs. À terme, le bâtiment pourrait aussi accueillir une ludothèque, un conservatoire, une médiathèque ou encore des espaces pour les seniors et les sociétés locales.
La Commission financière a émis un préavis négatif, pointant un manque de «vision globale» et d’informations sur les coûts futurs. Elle reconnaît toutefois l’intérêt patrimonial du bâtiment et son potentiel pour de futures activités communales.
Un crédit d’étude discuté
Si l’acquisition a fait consensus parmi les groupes, à l’exception de l’UDC-PAI, partagée sur la question, les avis divergent sur la suite du projet. Seul l’UO-PS soutient le crédit d’étude, qu’elle juge indispensable «pour que cette acquisition devienne un projet maîtrisé plutôt qu’un simple achat», a souligné Wassila Khebaouat.
Le Centre, par la voix de Patrick Ehret, souhaite d’abord clarifier l’affectation du bâtiment et s’interroge sur «la pertinence d’une implantation scolaire à la Grand-Rue». Il appelle la Commune à envisager des usages médicaux, culturels et associatifs, au bénéfice de toutes les générations.
Le PLR pointe également le manque d’informations sur les coûts globaux, ainsi que l’absence de comparaison des variantes et de planification. «Cet investissement exige un projet réfléchi, cohérent, inscrit dans une stratégie claire pour notre centre-ville», a martelé Coline Paley. De son côté, l’UDC-PAI déplore elle aussi «le manque de vision et de clarté» du Conseil communal sur les enjeux financiers et la suite du projet.
Projet bloqué
«C’est le serpent qui se mord la queue, a répondu la vice-syndique Nicole Tille. On ne peut pas avancer sans avoir ce crédit d’études. L’approuver ce soir permettra de respecter le timing assez serré pour accueillir des classes à la rentrée 2028.» Malgré cet argument, le crédit d’étude a finalement été refusé par 31 voix contre, 15 pour, et une abstention.
«Nous reviendrons en décembre avec une proposition affinée et une vision plus précise pour un nouveau crédit lié au projet d’école provisoire. À défaut, il faudra rapidement trouver une autre solution», annonce Nicolas Genoud, syndic de Châtel-Saint-Denis.
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