La réflexion sur des parkings payants continue

Le terrain où est prévu le parking privé de 363 places est situé au début de la route du col de la Croix, à 100 mètres du départ de la télécabine du Meilleret.  | K. Di Matteo

Les Diablerets
Bernhard Tschannen, directeur de Glacier 3000, en prévoit un de 363 places sur un terrain qu’il a acquis au départ de la télécabine du Meilleret. Il est en contact avec la Commune, qui étudie aussi la piste d’emplacements taxés.

Une société, Swiss T Invest, s’est portée récemment acquéreuse d’une parcelle stratégique située aux Grandes Isles, près du départ de la télécabine du Meilleret. Ce terrain, fauché en été, devient un parking géré par la Commune qui accueille une partie des milliers de skieurs des Diablerets en hiver.

Le projet du nouveau propriétaire est clair: aménager un parking de maximum 363 places, pour les pics de la saison hivernale en priorité, mais, de manière générale, ouvert à tous et toute l’année. C’est dans ce but que la même société a mis le mois dernier à l’enquête, sur cette parcelle 7556, la demande de modification de l’affectation.

Terminée il y a quelques jours, la consultation publique a débouché sur huit oppositions, selon l’administration d’Ormont-Dessus, qui ne désire pas en dire davantage à ce stade sur leur contenu. Le dossier est sensible. Rendre payant le parcage de décembre à avril, alors qu’il est gratuit depuis une dizaine d’années, ne ferait pas que des heureux. Est-ce sur le point de changer? Probablement, mais pas sûr encore.

Désengorger le centre

Au moment de contacter Swiss T Invest pour lui poser la question, surprise: les propriétaires en sont Bernhard Tschannen, directeur de Glacier 3000, et son épouse. «J’ai acheté ce terrain à titre privé, mais en ayant évidemment une vision globale pour Les Diablerets, explique le patron des remontées mécaniques. Comme vous le savez, Glacier 3000 a acquis des hôtels en station (ndlr: l’Eurotel Victoria, rebaptisé The Glacier Hotel, et Les Sources) et nous avons tout intérêt à y développer de la qualité de vie.» Mais alors, payant ou pas le futur parking? «Nous discutons avec la Commune d’un concept global de stationnement prévoyant des places payantes et d’autres limitées à 90 minutes dans le village.»

Au départ du téléphérique du Pillon, Glacier 3000 a installé des parcomètres à 5 francs la journée. À titre de comparaison, elle coûte 7 francs à Villars. À Leysin, le parking des remontées mécaniques au départ de la télécabine de la Berneuse, le seul payant, est à 1 franc de l’heure.

Pour Bernhard Tschannen, les avantages d’un parking payant en bonne et due forme seraient réels. «Aujourd’hui, les places de parc ne sont pas en nombre suffisant en hiver. Qui plus est, ce manque pousse les gens à parquer un peu n’importe où, au point d’engorger tout le village. En faisant payer, nous favoriserions en outre le recours aux transports publics et inciterions les gens à covoiturer davantage.»

Échanges avec la Commune

Des discussions sont en cours avec les autorités depuis plus d’une année pour coordonner les efforts des uns et des autres. Mais le temps des projets privés n’est pas celui de l’administration et des politiques, à entendre le municipal chargé de l’aménagement du territoire, Patrick Grobéty: «Une réflexion sur des parkings payants en station a cours depuis longtemps, lance-t-il. Mais tout prend du temps. À titre personnel, je trouve que du stationnement payant pourrait être un plus pour favoriser la mobilité douce et permettre à ces parcs de s’autofinancer. Pour l’entretien, le déneigement, les gardes-parcs, etc., la Commune dépense quelque 200’000 francs par année. Il faudra voir. À ce stade, les discussions continuent avec Swiss T Invest.»

Pas de bitume

De son côté, Bernhard Tschannen, sans pouvoir s’avancer sur le temps de traitement des oppositions et des recours éventuels, espère un aménagement de son terrain au printemps et une mise en fonction du futur parking courant 2027.

S’il ne connaît pas les motivations des huit opposants à ce stade, il ne serait pas surpris d’apprendre que certains d’entre eux s’inquiètent de voir la parcelle goudronnée. Il assure toutefois qu’il n’en sera rien: «Le dossier mis à l’enquête prévoit la pose d’un grillage au sol pour consolider le terrain tout en laissant l’herbe pousser. Nous sommes aussi attachés que la population à l’image verte et authentique des Diablerets.»

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