Le visage du futur quartier de Novassalles à l’enquête

Le nouveau quartier de Novassalles, entre le chemin des Pommiers et les voies CFF, prévoit au plus près de ces dernières une zone d’activités, et une autre d’habitations dans la deuxième moitié.  | GEA.SA

Aigle
Le plan d’affectation, à consulter jusqu’à mi-novembre, prévoit 200 appartements dans un îlot de fraîcheur verdoyant, avec parking souterrain et zéro voiture en surface. Côté gare, des zones «d’activités», dont un hôtel.

La mise à l’enquête du plan d’affectation «Novassalles» (30 jours durant à partir de ce mercredi), constitue «une étape décisive» – selon les termes du syndic Grégory Devaud lors de la présentation publique du 6 octobre – sur le chemin de la réalisation de ce quartier d’habitations sous-gare, entre le chemin des Pommiers et les voies CFF. Les travaux pourraient débuter en 2029. 

La soirée a permis de dévoiler le projet lauréat du concours d’architecture pour la partie «ouest». Baptisé «Park Invader», du bureau veveysan Jenny Architectes, en collaboration avec MG Associés pour les aspects paysagers, il comptera cinq bâtiments insérés dans un vaste parc naturalisé, pour environ 200 appartements.

Démarche participative

Via ce plan d’affectation, la Commune, propriétaire de certains terrains, s’applique à développer son potentiel d’aménagement du territoire et de construction de logements. Pour son élaboration, les autorités ont fait «le choix fort» d’une démarche participative avec l’ensemble des propriétaires souhaitant développer dans ce secteur. Ce dernier est qualifié de «pôle stratégique», au vu de sa situation immédiate aux abords de la gare, et en priorité 1 en termes de densification, dans le contexte de crise du logement actuel. Son potentiel est estimé à «600 habitants-emplois». 

Le secteur «est», côté gare, fera l’objet d’un deuxième concours dès 2027, mais il est d’ores et déjà question d’une zone «d’activités», avec le maintien du cinéma, une crèche, un EMS, des résidences seniors, des restaurants et commerces de produits locaux, des bureaux et, cerise sur le gâteau, un hôtel de 65 chambres. «Une convention est signée», précise Grégory Devaud.

Priorité aux piétons et au vert

Pour la partie habitations, les critères du concours d’architecture étaient clairs, avec un gros accent mis sur le développement durable. 

Premier axe de travail, la priorité aux piétons. Les voitures stationneront dans un parking souterrain à plusieurs niveaux de 352 places, dont 190 dévolues au P+R. Résultat: zéro véhicule en surface, là où, aujourd’hui, le quartier ressemble à un parking géant à ciel ouvert. S’y ajouteront jusqu’à 815 places pour les vélos. 

Le quartier se voudra traversant, avec une grande fluidité de déplacements. Deux parcs aux extrémités seront reliés par un «couloir» verdoyant. Des surfaces dites «de pleine terre» permettront la plantation d’arbres majeurs et l’infiltration de l’eau de pluie pour nourrir la nappe phréatique, située à 13 mètres de profondeur. Des prairies fleuries sont prévues, de même que des jardins potagers communs.

À noter encore une réflexion sur une villa patrimoniale située au débouché de la traversée en sous-voie des chemins de fer. «Nous envisageons des transactions foncières pour pouvoir éventuellement intégrer ce bien dans un programme d’intérêt public, avec des pistes telles qu’un lieu de coworking et de culture, ou une maison de quartier, mais cela reste à confirmer au niveau politique», explique Cynthia Roulin, cheffe du Service de l’urbanisme. 

200 personnes présentes

«Qu’en est-il sur le plan énergétique?», a questionné l’une des quelque 200 personnes venues le 6 octobre. Des panneaux en toitures, mais non en façades, un éventuel raccordement au chauffage à distance, des efforts maximum pour réduire le bilan carbone du quartier, ont répondu en substance les porteurs du projet.

La traversée piétonnière des voies de train a-t-elle fait l’objet d’une réflexion, qui plus est à moins d’un an de l’inauguration du gymnase d’Aigle non loin de là? Grégory Devaud a annoncé plusieurs mesures dans ce sens en collaboration avec les CFF à horizon 2032. 

Un troisième intervenant a questionné la pertinence de démolir et reconstruire un cinéma âgé de «seulement» 20 ans et ayant coûté 6 millions de francs à la Ville. Des discussions sont en cours avec l’exploitant Cinérive, a-t-il été répondu, pour déterminer si la salle obscure pouvait supporter une mise sur pause de 18 mois et estimer son manque à gagner en vue d’un potentiel dédommagement.

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