« Nous voulons en faire un endroit où les gens viendraient flâner »

Avec son «Garden Coffee», le musée veut encourager le public à profiter de son jardin.  | DR

Corsier-sur-Vevey
Depuis avril, le Chaplin’s World appartient à la société Museum Studio. En visite la semaine dernière, la directrice du grand groupe français a évoqué ses ambitions pour le musée.

«Regardez, on n’est pas bien ici?» Assise à l’une des tables en fer forgé récemment installées au pied du Manoir de Ban, la PDG de Museum Studio rayonne d’enthousiasme et d’énergie. Arrivée la veille de Paris, Delphine de Canecaude s’est pourtant levée aux aurores pour donner une conférence à 7h30 devant les membres de l’Association Promove. Et après le repas de midi, elle accueillera quatre médias français venus en voyage de presse pour découvrir le Chaplin’s World. 

Une virée sur la Riviera bien remplie pour la patronne de ce groupe français se présentant comme le «leader mondial dans le développement d’actifs culturels haut de gamme». Et qui a repris le site de Corsier au 1er avril, succédant ainsi à la Compagnie des Alpes (voir édition 220, 17.09.2025). 

Elle-même filiale du géant français Belgrano, Museum Studio emploie 400 personnes dans 46 pays, pour un chiffre d’affaires de près de 150 millions d’euros en 2025. Voilà pour le pedigree. 

Jardin grand ouvert 

Un an après l’annonce de cette reprise au montant non communiqué, le nouveau propriétaire lève le voile sur sa stratégie. Si, à ce stade, il est encore trop tôt pour annoncer du concret, les intentions sont fermes. «Le premier projet? C’est d’en faire un lieu vivant, où l’on peut venir, revenir et flâner», expose Delphine de Canecaude. 

En clair, fini les barrières: le vaste jardin de la demeure de Charlot sera accessible à tout le monde, et gratuitement. «Les gens ne savent pas assez que le lieu est super!» D’où la création, cet été, de ce «Garden Coffee» au mobilier en fer forgé.

Le musée corsiéran sera-t-il modifié dans son apparence ou sa structure? «Non, s’agissant d’un lieu classé, nous n’avons pas le droit d’y toucher», répond la directrice de Museum Studio. «Et à vrai dire, nous adorons l’endroit, nous ne voulons pas le révolutionner. La question que nous nous posons, c’est comment créer d’autres opportunités de visites.» Parmi les pistes envisagées: des expos immersives, des ateliers ou des événements. «Pourquoi ne pas imaginer un concert de musique de film?», lance la Française de 51 ans, diplômée de l’École des Beaux-Arts de Paris. 

Des expos à l’étranger?

«En parallèle, nous travaillons à l’export du Chaplin’s World, au moyen par exemple d’expositions qui pourraient être mises sur pied à l’étranger.» Ou comment «raconter Chaplin» ailleurs pour créer des chemins qui amènent ici. Et la PDG de citer l’exemple de l’événement organisé cet été autour de la Joconde à Hong Kong, qui associait le Louvre, le Musée national de la Renaissance, Museum Studio et le Grand Palais Immersif. «En trois mois, cette exposition a été vue par 200’000 personnes.»  

Car placer le Chaplin’s World sur la carte des grands tour operators est l’un des objectifs que l’institution n’est jamais parvenue à atteindre, de l’aveu même de l’un de ses co-créateurs Philippe Meylan dans nos colonnes. Le nouveau propriétaire semble avoir les moyens de ces ambitions. «Nous sommes très internationaux, souligne Delphine de Canecaude. Chaque collaborateur de nos sociétés à l’étranger est un ambassadeur de notre chaîne de services.»

Placé sous la direction de Yannick Joguet, ancienne patronne du Casino de Crans-Montana, le musée de Corsier entend bien doper sa fréquentation après 10 ans d’existence. «D’un peu plus de 200’000 visiteurs annuels, nous espérons atteindre les 250’000, voire 280’000», articule la PDG de Museum Studio, avant de finir son café et de replonger dans sa journée marathon.

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