Pour faire salle comble, le Pantographe mise sur la comédie

L’équipe du Pantographe avec de g. à dr.: Marianne Braconnier, (costumière), Graziella Pietrini (administratrice), Olivier Lambelet et Steve Riccard (co-directeurs) et Jean-Luc Willommet (régisseur).  | De Visu Stanprod

Vevey
Pour sa 19e saison, le théâtre de poche place l’humour au cœur de sa programmation. Un choix assumé pour défendre un spectacle vivant accessible, qui amuse autant qu’il questionne.
Aux abords des voies, dans l’ancienne Cour aux marchandises, l’animation régnait en coulisses à quelques jours du lancement: depuis plusieurs semaines, plus d’une centaine d’élèves avaient retrouvé le chemin de l’École des Trois-Quarts, tandis que s’enchaînaient les répétitions et les derniers réglages techniques. Olivier Lambelet et Steve Riccard, duo comique à la tête du lieu depuis 2019, s’activaient alors pour la reprise du «Dîner de cons», qui a ouvert la saison.  Cette pièce étant terminée, place désormais à celles encore à venir, avec quatre créations: «Nuit d’ivresse» (27 octobre-15 novembre), «Le bobo trop stylé» – un Bourgeois gentilhomme revisité (15 décembre-10 janvier), mais aussi des textes plus graves comme «Adieu monsieur Haffmann» (2-28 février) ou la poésie du «Petit Prince» (21 avril-9 mai). Deux accueils, «Brigade financière» (22 septembre-4 octobre) et «Une cellule grise pour deux» (16-28 mars), complètent la nouvelle saison. Le fil rouge de cette programmation? «La comédie, répond sans hésitation Steve Riccard. Elle attire et ouvre le théâtre au plus grand nombre, notamment aux jeunes. Notre mission, c’est aussi de sortir ce dernier de son image élitiste.» «Le dîner de cons», déjà joué l’hiver passé, avait d’ailleurs affiché complet au point de «devoir pousser les murs», se souvient l’administratrice du Pantographe, Graziella Pietrini. Accessible ne signifie pas pour autant simpliste: dans «Le bobo trop stylé», coach en développement personnel et influenceur remplacent les figures de Molière. «Le verbe reste, mais nous l’avons ajusté aux réalités actuelles, sans être subversifs. On peut faire rire et donner à réfléchir, poursuit le comédien. Le pari est réussi quand les spectateurs s’amusent tout en se questionnant sur eux-mêmes.» À taille humaine Théâtre professionnel depuis 2008, le Pantographe a vu naître une soixantaine de spectacles portés par plus de 400 artistes, et accueille près de 5’000 spectateurs chaque année. «Sa jauge de 50 places offre une proximité bienvenue avec les artistes, assure Steve Riccard. Dans un monde hyperconnecté, c’est aujourd’hui essentiel. La force du spectacle vivant est de se retrouver tous ensemble, avec un public qui devient notre partenaire.» Plutôt que de conseiller une pièce en particulier, le co-directeur encourage les néophytes à se laisser surprendre: «Venir au Pantographe, c’est avant tout vivre une immersion unique dans le monde du théâtre – et une verrée partagée, une fois le rideau tombé!» Plus d’infos: www.lepantographe.ch/saison-26-27/

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