Quand les petits doivent déchirer leur cœur en deux

Dans son cabinet de Chexbres, la Montreusienne Théry Zufferey – ici avec la maquette de son livre – espère aussi susciter des prises de conscience chez les parents.  | R. Brousoz 

Montreux
Les séparations conflictuelles ont un impact sur les enfants. Dans un ouvrage destiné au jeune public, l’accompagnante parentale Théry Zufferey veut mettre en lumière ces situations.

«Un enfant, on ne peut pas le couper en deux», formule Théry Zufferey. Et pourtant, dans son cabinet de Chexbres, cette médiatrice et accompagnante parentale voit très souvent des cas de petits «déchirés» entre leurs deux parents. Des situations qui surviennent souvent lors de séparations conflictuelles. «On constate parfois qu’un parent interdit à son enfant d’aimer son ex-partenaire, relève la Montreusienne de 43 ans. Or, un enfant doit pouvoir penser à ses deux parents là où il se trouve.»

Des comportements dont les parents n’ont pas forcément conscience, mais qui peuvent avoir des impacts sur l’identité ou l’apprentissage de ces jeunes. «Ils doivent tellement s’adapter qu’ils ne savent plus vraiment qui ils sont, observe-t-elle. Par exemple, un enfant peut aimer le piano chez un parent, et le détester chez l’autre. C’est une logique de survie qui peut devenir ingérable.»

Pour mettre en lumière ce déchirement, Théry Zufferey a décidé d’y consacrer un livre. Destiné aux petits de 3 à 10 ans, l’ouvrage intitulé «À moitié» met en scène un petit oisillon dont la vie se voit partagée entre deux parents, et donc deux nids. «À travers cette histoire, l’objectif est de montrer ce que vit l’enfant et les conséquences sur son développement, de lui permettre de mettre des mots sur ce qu’il ressent, en espérant que ça puisse provoquer des prises de conscience chez les parents.»

Que du local

Cela faisait un certain temps que le sujet trottait dans son esprit. «Il n’y a pas beaucoup de littérature jeunesse pour les tout petits à propos des situations conflictuelles et de leur impact», souligne la professionnelle. Il lui aura suffi d’une nuit blanche pour imaginer la trame. «Après, je me mets à écrire!» 

Afin de donner corps à ce qui sera son sixième ouvrage, la thérapeute a misé sur des talents locaux. «J’ai fait appel à la dessinatrice Diana Nobs, basée à Rennaz, et le livre sera imprimé à la librairie L’Empreinte à Villeneuve», précise-t-elle. 

En plus d’avoir pu compter sur un financement participatif de 8’000 francs, la démarche a aussi reçu le soutien financier de la Direction générale de l’enfance et de la jeunesse (DGEJ). Le but est de rendre l’ouvrage accessible aux professionnels et aux familles à moindre coût, sous forme de brochure. Cette dernière sortira si tout va bien le mois prochain. Un format A4 est attendu pour le printemps. À noter enfin que le livre sera librement disponible en ligne.