
De gauche à droite: Sabrina Berrocal, Valérie Zonca, Karine Römer et Anna lamartino. | N. Desarzens
Alors que les partis se concentrent sur les élections cantonales du 28 février 2027, la décision de la municipale verte vient rebattre les cartes de la toute nouvelle législature veveysanne 2026-2031. Sa démission est intervenue à la suite d’une enquête administrative indépendante, dirigée par Jean-François Meylan. Son rapport devrait être rendu public – le 2 novembre, a-t-on appris – ce qui permettrait de lever le voile sur cette affaire.
Pour l’heure, le dicastère d’Alexandra Melchior, Culture et police, est réparti au sein du collège municipal. «Ce qui est remis en jeu, c’est une place à la Municipalité, et non le service de la Culture en soi», précisait dans nos colonnes Cédric Bussy, membre du comité du PS Vevey (voir édition 268, 2 septembre). L’arrivée d’une nouvelle personne va toutefois rebrasser les cartes. Mais le véritable enjeu se jouera surtout dans le taux de participation citoyenne.

Si la culture ne reviendra pas d’office à la personne nouvellement élue, décroissance alternatives estime avoir suffisamment d’arguments et de compétences pour reprendre ce dicastère. «Nous sommes à l’écoute des plus petits acteurs, et pas uniquement au service de grandes institutions», appuie sa candidate, Sabrina Berrocal. Et de rappeler que les initiatives culturelles ont permis de redorer l’image de la ville après son ère industrielle. «Il faut donc en prendre soin et leur accorder la place qu’elles méritent.» Et d’insister: «Le rôle d’une Municipalité est de valoriser et soutenir la culture, pas de la faire.»
Engagée depuis 2009 en politique locale, cette travailleuse sociale s’est notamment illustrée durant sa présidence du Conseil communal en 2023-2024, avec l’instauration de frais de garde pour l’assemblée délibérante, d’un dispositif anti-harcèlement et d’un budget de formation destiné aux élus. «Et je n’ai fâché personne, ni à gauche ni à droite!», précise-t-elle.
Deuxième force politique au Conseil, avec 20 élus, décroissance alternatives dit «avoir prouvé sa capacité à travailler en collectif», alors que des membres de sa formation étaient présents pour la première fois au sein d’un Exécutif (ndlr: avec l’élection d’Yvan Luccarini en 2020). Parti d’opposition, il n’en reste pas moins «un groupe de propositions». «Nous avons activement participé à l’élaboration de la politique du logement, du Plan climat et du Plan directeur communal de la Ville, insiste cette responsable du Master en travail social à la HES-SO. Je souhaite concrétiser ces lignes directrices. Il est temps d’agir!»

Arrivée en force à l’Exécutif, avec quatre sièges, la gauche «institutionnelle» a fait accéder deux socialistes et deux Verts à la Municipalité. Mais voilà qu’en août, Alexandra Melchior démissionne en raison d’un audit externe. Le parti est-il toujours légitime à briguer ce siège? «Les électeurs ont favorisé deux profils verts, il est donc naturel de proposer une candidature», réagit Valérie Zonca.
Élue au Conseil communal sous la bannière verte en 2021, elle endosse l’année suivante le rôle de députée au Grand Conseil vaudois. Une mission qu’elle se verrait poursuivre en parallèle d’un mandat communal (ndlr: elle figure sur la liste pour les élections cantonales du 28 février 2027).
«Mon engagement à la fois communal et cantonal constituerait une force pour défendre les intérêts de Vevey et faciliter le dialogue avec les autorités cantonales», insiste cette employée de la Société suisse de la sclérose en plaques.
Vevey est une ville renommée pour son dynamisme culturel. Valérie Zonca y perçoit un potentiel de convergence entre les acteurs culturels, mais aussi économiques et touristiques: «Il y a matière à créer davantage d’interactions et de penser au grand Vevey, afin de ratisser plus large.» Consciente que le dicastère de la Culture n’est pas forcément remis en jeu, la conseillère communale a également d’autres projets en tête, comme l’urgence d’adapter les villes face au dérèglement climatique. «Après cet été caniculaire, notre programme pour lutter contre les îlots de chaleur est brûlant d’actualité!»

Élue au Conseil communal en 2021 dans les rangs d’En Avant Vevey!, Karine Römer a terminé sa première législature en tant qu’indépendante. Elle a depuis rejoint les rangs de Vevey Libre pour son deuxième mandat politique. Colistière sur la liste aux élections communales de mars 2026, elle décide de renouveler son engagement pour cette élection complémentaire. «J’ai la volonté de représenter le Centre. Avec 10 sièges au sein du Conseil communal (ndlr: le même nombre que Les Vert·e·s), nous sommes légitimes à briguer un second siège», estime-t-elle.
Si l’accession à l’Exécutif ne sera pas du «poste pour poste», Karine Römer rappelle qu’elle souhaite bien «se battre pour Vevey, et pas uniquement pour un dicastère». Sa priorité? Les finances de la Ville. «Il est nécessaire d’effectuer un bilan, afin d’avoir une vision à moyen terme et pouvoir se projeter sereinement dans l’avenir. Nous devons utiliser les ressources publiques avec rigueur, sans alourdir la charge de la population.»
Parmi les autres enjeux qui lui tiennent à cœur, il y a la jeunesse et le sport. «Si je pouvais, j’aimerais recréer un centre communautaire comme l’Equinoxe, que j’ai eu la chance de fréquenter, car le vivre-ensemble et la mixité sociale sont essentiels», explique cette entrepreneuse. Karine Römer souhaite aussi défendre une vision pragmatique, dépourvue d’esprit partisan. «Dans un monde de plus en plus polarisé, je souhaite défendre les projets selon leur utilité pour Vevey, quelle que soit leur origine politique. Le dialogue permet de construire des solutions qui rassemblent.»

Après 15 ans au Conseil communal, Anna Iamartino-Sica se lance pour la première fois dans une course à l’Exécutif. «À force de déposer des objets, j’aimerais désormais passer de , afin de pouvoir les défendre au collège municipal», lance-t-elle. Plus grand parti au Parlement communal (ndlr: 22 sièges), le PLR a réussi à réintégrer l’Exécutif pour cette législature 2026-2031, et souhaite maintenant «rééquilibrer» les forces, afin de «mieux représenter l’ensemble de la population».
Si cette enfant de Vevey estime que la culture «n’est ni de droite ni de gauche», elle défend toutefois une «meilleure gestion» de ce dicastère. «La culture ne doit pas uniquement être soutenue par la Commune, donc via les contribuables. Il est important d’explorer d’autres partenariats, et d’autres formes de soutiens, comme la mise à disposition d’infrastructures.»
Sa principale préoccupation? La sécurité dans l’espace public. «Je suis à l’écoute de la population et je remonte son inquiétude dans la sphère politique.» Mais elle ne se cantonne pas au deal de rue, selon la Libérale-Radicale. «Je souhaite relayer les difficultés des commerçants, en prônant une ville plus accessible.» La maîtrise des finances communales est aussi dans sa ligne de mire. Avec le taux d’impôts le plus élevé de la Riviera, Anna Iamartino-Sica veut se faire le relais d’un certain «sentiment de ras-le-bol». «Après avoir voulu rattraper le retard sur certains dossiers, nous devons désormais prioriser pour éviter d’augmenter les impôts», insiste-t-elle.
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