Ultime étape à Villars

Thibe Deseyn est l’une des Suissesses à suivre lors des finales.  | ISMF

Ski-alpinisme
La station accueillera du 1er au 5 avril les finales de la Coupe du monde. La Leysenoude Thibe Deseyn espère y briller aux côtés de Marianne Fatton ou Caroline Ulrich.

Thibe Deseyn sera un peu comme à la maison lors des finales de la Coupe du monde de ski-alpinisme, à deux pas de chez elle à Villars-sur-Ollon début avril. «Des fenêtres de notre chalet familial, j’aperçois les pistes du Grand Chamossaire», sourit-elle. Ces pistes, elle les connaît par cœur. «On y a déjà disputé les Mondiaux en 2019, les JOJ en 2020, et des étapes de la Coupe du monde chaque hiver. Villars est un haut-lieu du ski-alpinisme!»

La Leysenoude vient tout juste de fêter ses 23 ans. Elle sera donc classée pour la dernière fois dans la catégorie en U23, mais les courses se disputent avec les Élites. Elle visera le podium en Verticale, et en Individuelle, une discipline où elle s’est imposée début mars, lors des Championnats d’Europe en Azerbaïdjan. Si on y ajoute le bronze en Relais mixte, elle y a signé un véritable carton. «J’aurais été déçue si je n’étais pas rentrée à la maison avec au moins deux médailles», assure-t-elle. 

Ces épreuves ont eu lieu à moins de 400 kilomètres de Téhéran, en pleine guerre, ce qui a forcément alourdi l’ambiance. «Plusieurs nations, dont les États-Unis, ont renoncé à y participer. Un drone est aussi tombé sur le pays pendant qu’on y était. Et même si le DFAE nous a rassurés, on a craint de ne pas pouvoir rentrer normalement. Ce sera plus tranquille à Villars», souffle Thibe Deseyn.

Aux côtés de Fatton et Ulrich

À Villars-sur-Ollon justement, elle ne sera pas la seule Suissesse. La double médaillée olympique Marianne Fatton (Sprint et Relais mixte), ainsi que la Boélande Caroline Ulrich seront bien présentes sur les hauteurs d’Ollon. 

À Milan-Cortina, où le ski-alpinisme a fait son entrée au programme olympique, Thibe Deseyn a dû se contenter d’un statut de remplaçante, au profit de ces deux athlètes. 

Nullement frustrée, elle a vécu avec beaucoup d’émotion le sacre de la Neuchâteloise. «J’étais au bord de la piste avec les parents de Marianne et j’ai pleuré quand elle a franchi la ligne la première. C’est une copine avec qui je m’entraîne toute l’année!» 

Aux yeux de la Leysenoude, cette première olympique marque un tournant. «On va vers plus de professionnalisme, plus de soutien financier, on a acquis de la légitimité. Si les chronos ont explosé ces deux dernières saisons, c’est grâce à cette perspective olympique.» 

Focale sur la PDG

Au-delà de sa moisson de médailles en Azerbaïdjan, la Vaudoise a connu une saison faste: un premier podium en Coupe du monde Élite en Relais mixte à Solitude Mountain aux États-Unis, et une magnifique victoire devant toute l’élite mondiale lors de la Montée de la Foilleuse, à Morgins, une de ces Verticales, si bien nommées, où elle excelle. «Des acensions sans répit de 25 minutes avec 500 mètres de dénivelé. Les sensations sont très fortes lorsqu’on franchit la ligne d’arrivée à bout de force. On s’effondre dans la neige!», relève Thibe Deseyn.  

Enfin, à mi-avril, elle sera au départ de la mythique Patrouille des Glaciers avec Caroline Ulrich et Alessandra Schmid. Ensemble, elles avaient triomphé lors de la dernière édition en 2024 sur le petit parcours Arolla-Verbier, météo oblige. Elles viseront un nouveau podium, dans l’idéal sur le grand parcours cette fois, au départ de Zermatt. «Ça représente environ 9 heures d’effort, soit le double de la petite avec des passages encordés.» Et d’ajouter: «C’est en voyant la Patrouille vers me 15 ans que j’ai eu envie de me lancer dans ce sport.» Et en juin, une dernière échéance l’attendra: la présentation de son mémoire en gestion du sport, consacré à «la position sportive et touristique de Leysin». De quoi boucler cette saison et cette année universitaire à la maison.