Une virée pour goûter au terroir communal

Les questions ont fusé lors de cette matinée en compagnie du vigneron-tâcheron Marc Taverney.  | R. Brousoz 

Jongny
Après 32 ans passés à sa tête, le couple de restaurateurs s’apprête à remettre l’enseigne appartenant au club veveysan de tennis. Une adresse qui a su séduire au-delà des courts.

«Est-ce que vous utilisez des fusées anti-grêle?» «Et ce vieux pressoir, il fonctionne encore?» Du haut de leurs 8 ou 9 ans, ils se posent déjà de sacrées questions. Et c’est tant mieux. Car si la classe 6P de Jongny visitait une parcelle de vigne communale vendredi dernier, c’est justement pour aiguiser leur curiosité sur le sujet.

Au milieu des vendangeurs qui enchaînaient courageusement les allers-retours sur cette pente de 3’200 m² couverte de Chasselas, les enfants ont pu suivre Marc Taverney, le vigneron-tâcheron de la commune. Présentation des cépages, astuces du pro pour savoir si le raisin est mûr ou encore dégustation au pied des ceps: les 21 élèves ont pu découvrir ce patrimoine en version grandeur nature.

Des classes qui visitent des vignobles? La démarche est plutôt répandue dans nos régions. «Mais elle dépend surtout de l’intérêt et de la volonté de chaque enseignant», remarque Marc Taverney, qui travaille aussi des surfaces à Aigle. Pour le coup, c’est une impulsion de la Municipalité qui est à l’origine de l’expédition des élèves jongnyssois. «Avec la crise que connaît la viticulture, on s’est demandé comment revaloriser notre terroir», explique Pierrick Wulliamoz, municipal chargé de ce dossier. «À nos yeux, une des pistes est d’intéresser la jeune génération à ce qu’est la vigne.»   

Une tonne en trop

Comme bien des communes qui possèdent des parcelles, celle de Jongny se retrouve cet automne avec du raisin sur les bras. Crise viticole oblige, la Maison Obrist lui a en effet annoncé qu’elle n’achèterait plus les 1’000 kilos de grappes qu’elle acquiert habituellement. «Cela représente un cinquième de la récolte communale, les 4’000 autres kilos étant vinifiés», précise Marc Taverney. Un trop-plein de raisin face auquel la Commune va devoir trouver une solution pour les années à venir.

Mais pour l’heure, sensibiliser les enfants permet déjà de mieux faire connaître le domaine communal auprès de la population. «Très peu d’habitants sont au courant de son existence», note le vigneron-tâcheron. Ainsi, la sortie des 6P jongnyssois aux vendanges pourrait bien devenir un rituel automnal. Et vu la qualité de cette récolte 2026, nul doute que cette première classe à l’éprouver en gardera un souvenir sucré.