Une Vuargnéranne expose à Paris et New York

Christiane Tabord Deillon travaille dans son atelier d’Yvorne.  | DR

Peinture
Christiane Tabord Deillon est tout juste de retour du Salon des Indépendants et plusieurs de ses tableaux partiront pour la Grosse Pomme en juillet.

Ce qui frappe en premier lieu dans le petit atelier de la rue de l’Église à Yvorne, c’est la lumière. Elle semble jaillir des Dents-du-Midi et s’engouffrer par la grande vitrine pour faire flamboyer les pots de pinceaux et de peinture. Sur les étagères, les fioles de pigments avec lesquels Christiane Tabord Deillon fabrique sa peinture étincellent.

Plusieurs tableaux finissent de conférer au lieu un petit air d’antan. Paysages cosmiques, natures mortes, animaux dans leur milieu naturel: tous semblent en mouvement et appeler au dialogue. «J’aime qu’on puisse voyager dans mes tableaux, et on me dit souvent qu’ils semblent vivants», commente la maîtresse des lieux.

Ce mouvement, qu’elle aime créer par superposition de fines couches d’aquarelle, de tempera à l’œuf, de peinture à l’huile et de pigments maison, a tapé dans l’œil de certains organisateurs d’événements, qui l’ont découverte dans des galeries virtuelles sur Internet ou lors de concours internationaux. Résultat: certaines de ses toiles partiront pour New York cet été où elles alimenteront l’exposition collective «Summer City Idyll» à l’Agora Gallery, du 22 au 28 juillet.

La vibration des Impressionnistes

Quant à «Force de création», tirée de sa série de paysages cosmiques, elle revient tout juste de Paris et du Grand Palais des Champs-Élysées où, dans le cadre de l’exposition Art Capital, elle a été visible du 13 au 15 février au Salon des Indépendants. Note de prestige: à la fin du XIXe siècle, ce même Salon fit briller les Impressionnistes, à une époque où ceux de l’Académie leur restaient fermés.

Christiane Tabord Deillon en a encore des étoiles plein les yeux: «Je ne suis qu’une goutte d’eau, bien sûr, mais c’était formidable. Un tel lieu me paraissait inaccessible! Sans compter que certains des autres exposants sont des artistes que j’admire.»

Comme un rêve de gosse en somme, celui que cette élève souvent dans la lune nourrissait sur les bancs d’école, quand elle hésitait entre les vocations d’artiste et d’égyptologue. «Je n’ai pas de formation officielle, mais je ne suis pas autodidacte non plus. J’ai beaucoup étudié et beaucoup appris auprès d’autres artistes. Dès que j’ai eu mon CFC d’assistante en pharmacie, j’ai investi dans des cours de dessin.»

La Vuargnéranne s’applique ainsi à développer «un art lumineux et positif», qu’elle décline «de manière intuitive», pour ne pas dire militante, elle qui a co-créé le collectif romand «Art Ré-Visionnaire». «L’art a toujours infusé la société et diffusé ce qu’il porte, alors qu’est-ce que j’ai envie d’apporter?», se demande la mère de deux enfants et assistante à l’intégration de métier. «Quelque chose qui nourrit l’âme, qui vienne du cœur, et qui amène une matière confinant au sacré.»