102 mesures pour construire un futur plus vert

La collectivité aiglonne possède plus de 100 bâtiments, dont celui de l’administration communale en cours de réhabilitation.
 | C. Boillat

Aigle
La Municipalité a présenté la semaine dernière son Plan climat qui vise à atteindre à terme «une sobriété énergétique et un bien-être durable».

Les cinq municipaux étaient présents la semaine dernière pour présenter aux médias le Plan climat aiglon, avalisé en juin par le délibératif. Il a pour l’occasion octroyé 800’000 francs pour la tranche «2024-2026». «Nous avons analysé toutes les actions possibles sur les différents secteurs, postes et services de l’administration communale avec l’objectif d’une meilleure durabilité dans le but d’obtenir 0% d’émission nette de CO₂ d’ici à 2050. Et nous souhaitons prendre tous les Aiglons avec», a déclaré le syndic
Grégory Devaud.
«Un travail énorme a été effectué ces deux dernières années avec en filigrane des ateliers impliquant le personnel communal, de multiples démarches participatives ouvertes au public, ainsi qu’aux membres du Conseil communal. L’idée étant de motiver tout le monde autour de ce plan», a pour sa part énoncé Stéphane Montangero, municipal chargé de l’environnement.
Dans les grandes lignes, ce vaste dessein «définit les objectifs et actions qui devront être réalisés sur le territoire aiglon, afin d’atteindre dans un proche avenir et à plus long terme une sobriété énergétique et un bien-être durable tout en limitant les effets des changements climatiques déjà constatés dans notre quotidien». Et la Commune va commencer par elle-même.

Du chauffage à distance aux hirondelles
«Nous avons plus de 100 bâtiments communaux. Pour certains, l’assainissement a pris du retard. Nous nous y attelons avec un calendrier de priorités. Premiers en ligne, le Bec d’Aigle et les bâtiments Monséjour. Nous allons aussi accompagner les propriétaires qui changeront leur chauffage à énergie fossile, et encore faciliter en ce sens les démarches administratives», a détaillé le municipal Fabrice Cottier. Plus poétique, moins lourd, mais tout aussi important en termes de biodiversité: des encouragements seront menés pour que tous puissent construire cavités ou nichoirs pour martinets et hirondelles.
Sa collègue Maude Allora a informé que des travaux seront menés pour «l’approvisionnement en eau potable avec la recherche de nouvelles sources, ou encore une meilleure récupération des eaux grises». L’édile a aussi donné des précisions en regard de la STEP intercommunale en cours de construction à Aigle. «Ce sera un exemple en termes d’énergie, avec des panneaux solaires et le turbinage des eaux usées descendant de Leysin. Le tout couvrira 50% des besoins en électricité de l’installation.»
«Le clou du programme, c’est bien évidemment l’installation du chauffage à distance sur tout le territoire aiglon.» Le municipal chargé des finances Jean-Luc Duroux a rappelé que tout le patrimoine appartenant à la collectivité y sera bien sûr raccordé. Les propriétaires de maisons et d’immeubles sont invités à le faire, ce qui n’est pas obligatoire. «Cela concerne quand même plus de 800 bâtiments.» Pour rappel, le coût de construction et d’installation du réseau souterrain est entièrement à charge de la SATOM à Monthey pour 150 millions de francs. Avec l’objectif de réduire de 72%, à coup de 16’000 tonnes de CO₂ en moins par an, l’emprise fossile en termes de chauffage.

Remplacer les envahissantes
Parmi d’autres mesures, petites comme grandes, «une subvention aux propriétaires qui substitueront des plantes envahissantes, comme les laurelles, par d’autres qui ne le sont pas, l’augmentation de l’arborisation», a annoncé Stéphane Montangero.
Citons encore la continuation de la promotion de GastroVaud, l’incitation auprès des enfants au tri via l’action Coup de balai, la Balade du futur (parcours didactique qui vous projette dans la ville du futur), l’achat de véhicules communaux électriques et hybrides ou encore l’encouragement à une politique d’achat responsable via des circuits courts locaux et régionaux.

800

C’est le nombre de maisons et immeubles privés qui pourraient potentiellement se raccorder au futur réseau de chauffage à distance.