25 seniors vaudois au service du bien vieillir

| C. Maccarini

Engagement
Le Canton a mis en place l’an dernier un conseil consultatif pour impliquer les aînés dans la politique Vieillir2030. Premiers concernés, ils peuvent participer de manière active.

«Nous souhaitons pouvoir compter sur les vécus, les souhaits et les connaissances des seniors pour nous aider à piloter une politique qui répond au mieux à leurs besoins actuels et futurs.» La cheffe du Département de la santé et de l’action sociale Rebecca Ruiz présentait vendredi dernier à la presse une mesure inédite. Celle de la création d’un conseil consultatif vaudois. En effet, il n’existe pas d’organe consultatif similaire dans les autres cantons. 

Sa mise en place a témoigné d’un grand intérêt des seniors. Ils étaient plus de 480 à envoyer leurs candidatures. La répartition pour les 25 places s’est faite par tirage au sort, en veillant à avoir une représentation équitable entre les différents districts et avec autant d’hommes que de femmes. Plusieurs aînés de nos régions ont été sélectionnés et ont accepté de témoigner sur leur expérience (lire ci-dessous).

Plus de dignité

Depuis le début des travaux en septembre, le rôle des candidats sélectionnés est de se prononcer sur des mesures cantonales existantes ou à prendre, de participer à des groupes de travail thématiques et à des projets de recherche, ou encore de contribuer à des conférences dans le domaine de la vieillesse.

Selon la conseillère d’État, ce conseil consultatif doit permettre aussi d’intégrer plus de dignité et de respect des droits individuels dans les politiques. Cela passe par la notion de «bien vieillir», mais également une bonne intégration des seniors dans la société, ainsi qu’une bienveillance intergénérationnelle. 

Les projets de Vieillir2030 se concrétisent dans les domaines de la vie quotidienne, comme la santé et les soins, le logement et l’environnement de vie, mais aussi l’amélioration des liens sociaux. Le conseil consultatif est encore en construction, mais trois éléments ont d’ores et déjà été présentés: la paupérisation des seniors, l’accès au logement pour les aînés qui ne perçoivent que l’AVS et les prestations complémentaires, ainsi que la place du secteur privé. 

Beat Geiser, 69 ans, Vevey

Après une formation d’infirmier, Beat s’est spécialisé en oncologie et en soins palliatifs, puis il est devenu directeur d’EMS. Participer à ce conseil est pour lui une évidence. «Entre mes engagements et mon expérience, je peux apporter beaucoup à la personne âgée. Mais étant également retraité, cela me permet de relever de nouveaux défis et projets.» Pour le Veveysan, la solitude des aînés est une question primordiale. «C’est une bombe à retardement qui est en train d’exploser.» Il considère qu’il est nécessaire de développer la prévention, comme prévu dans le cadre de Vieillir2030, mais aussi de faire appel à la société en général pour prendre soin des personnes seules.

Nicole Schmid, 71 ans, Chardonne

Nicole était biologiste et monitrice de gymnastique J+S en société. Elle exerce dans plusieurs associations de gym seniors et auprès de résidents d’appartements adaptés avec accompagnement (Lada). Elle a rejoint ce conseil, car elle est elle-même concernée par les problématiques liées au vieillissement: Nicole accompagne sa mère centenaire en Lada et en EMS. Le conseil consultatif permet d’apporter un regard différent selon elle. «En tant que senior, on est bienveillant et plus patient que les plus jeunes qui n’ont pas encore pris conscience des enjeux de la vieillesse. Il nous est plus facile d’être à l’écoute des aînés, de leurs plaintes et de leurs désirs.»