
En septembre 2021, le restaurant de Lynn Dardenne était le seul établissement vaudois fermé par les autorités. Le cas de la Montreusienne est aujourd’hui sur la table du Tribunal fédéral. | C. Dervey – 24 heures.
C’est un lieu chargé d’histoire. On aime d’ailleurs à penser que l’âme de Claude Nobs vient s’y balader, lui qui a grandi ici et vu ses parents y vendre leur pain. Plein de promesses à son lancement en octobre 2020 – dans le local même où se trouvait l’ancienne boulangerie familiale – le restaurant conceptuel Territet & Co n’est plus. Après trois ans d’existence, une pandémie, et beaucoup de remous, l’enseigne située à l’avenue de Chillon 70 a fait faillite. Sous l’égide de son nouveau patron, l’endroit a, en septembre 2023 déjà, changé de nom pour devenir le «No Way!», un bar-restaurant qui propose des animations nocturnes.
Imaginé par l’entrepreneuse Lynn Dardenne, le Territet & Co faisait le pari d’animer la localité montreusienne en proposant un lieu d’un genre nouveau, mêlant restauration, épicerie locale et scène artistique. Mais il aura surtout fait parler de lui en raison de la rébellion de sa tenancière contre l’instauration du certificat Covid et le port du masque. En septembre 2021, il a été le seul établissement vaudois fermé par les autorités pour opposition aux mesures sanitaires.
Une résistance qui n’a pas été sans effet sur la fréquentation du lieu. «Mes prises de position ont fait que j’ai perdu d’emblée 80% de ma clientèle», raconte l’entrepreneuse, qui relève que sur trois années d’existence, le lieu n’a pu être exploité qu’un an et demi.
Pas vraiment de reprise
La fin de la pandémie n’aura malgré tout pas permis un nouveau départ du Territet & Co. En plus de pointer du doigt des «non-sens administratifs» liés notamment à des questions de limitation du bruit, celle qui a été candidate au Conseil d’État estime que «l’économie n’a pas vraiment repris». Et encore moins dans la restauration. «Avec l’augmentation des coûts, beaucoup de gens s’en tiennent à une boisson. Pour ce qui est de partager un repas, ils préfèrent le faire chez eux.»
Également monitrice d’auto-école, la Montreusienne l’assure: on ne la reverra pas derrière le comptoir d’un restaurant. En tout cas pas en Suisse, où selon elle il y a «trop d’administratif et plus assez de place pour créer quelque chose.» Que retire-t-elle de cette histoire? «Je regrette pour les personnes qui ont été lésées dans cette aventure. Et je me dis aussi que j’ai appris énormément. Il a fallu que j’ouvre cet établissement pour pouvoir avoir le courage de tenir ces positions.»
