« C’est un véritable massacre qui se prépare »

Michel Chappuis (à g.) et Kamiar Aminian, ici devant l’un des nombreux arbres menacés. «Tout ça sera bousillé», dénoncent-ils.  | R. Brousoz

La Tour-de-Peilz
Un projet immobilier prévoit l’abattage de plusieurs dizaines d’arbres à l’est de la commune. Des riverains s’en alarment.

Décidément, l’été semble porter malheur à certains beaux arbres de la région. Après la demande d’abattage d’un cèdre de l’Himalaya à Corsier (numéro 163, 17 juillet), un autre projet immobilier requiert des coups de tronçonneuses à La Tour-de-Peilz.
Mis à l’enquête jusqu’au 25 juillet dernier, il prévoit la construction de huit villas sur un terrain de 6’400 m2 du chemin du Gregnolet. Et là, ce ne serait pas uniquement un tronc qui serait visé, mais près d’une trentaine. «C’est un véritable massacre qui se prépare», déplorent Kamiar Aminian et Michel Chappuis, deux riverains qui s’expriment au nom des propriétaires opposés à ce projet.
Pins, érables, hêtres ou encore mélèzes: beaucoup des ligneux menacés atteignent 20 mètres de haut. Et à quelques exceptions près, leur état de santé est jugé bon. «Cette parcelle est l’un des derniers espaces verts à l’est de la commune», soulignent les opposants, qui rappellent qu’entre 2018 et 2019, une quarantaine d’arbres majeurs y avaient déjà été coupés.
Selon eux, le projet violerait la nouvelle Loi cantonale sur la protection du patrimoine naturel et paysager, dont le règlement d’application est entré en vigueur le 1er juillet dernier. «Beaucoup de ces arbres pourraient être considérés comme remarquables, et donc à protéger», estiment les opposants. Pourraient, car le registre communal est toujours en cours d’élaboration. «En attendant, nous estimons que la Municipalité doit instaurer un moratoire sur ce genre de coupes.»

Décision attendue pour cet automne
Un moratoire? Pas nécessaire, selon Vincent Bonvin, municipal chargé du dossier. «L’inventaire de l’ensemble des arbres de la commune est bien avancé et devrait être terminé à la fin de cette année», indique l’élu écologiste.
Si, à titre personnel, il estime que ce projet immobilier pourrait «mieux prendre en compte la nature», il précise que l’Exécutif ne peut pas refuser une mise à l’enquête. «La Municipalité ne pourra se positionner qu’au terme de cette dernière, une fois que les oppositions auront été analysées, explique-t-il. La question de la protection des arbres et la pesée des intérêts arriveront donc ultérieurement.» Selon lui, le projet a suscité une vingtaine d’oppositions.
«La délivrance ou non du permis de construire tiendra compte de la nouvelle loi cantonale, étant donné que son règlement d’application est entré en vigueur pendant la mise à l’enquête.» L’enjeu pour la Commune sera alors de déterminer si ces abattages répondent à un «impératif de construction». La décision municipale devrait tomber dans le courant de l’automne.