
Après Grand-Saconnex en championnat, Vevey est prêt à en découdre en Coupe avec Young Boys. | asproduction.ch / Vevey-Sports
À quelques jours de l’échéance, le président William von Stockalper nous parle de cet événement hors norme, des succès du club, mais aussi des affaires qui l’ont secoué récemment.
Que représente pour vous ce duel ce samedi contre YB?
– Ce sera mon match de gala en 12 ans de présidence. On avait déjà affronté Servette en 8e de finale, mais c’était en plein Covid. Là, on va jouer à guichets fermés avec 3’300 spectateurs. On sent un grand engouement. 70% des billets ont été vendus à nos abonnés, nos partenaires, nos sponsors. Et il y aura 800 ultras bernois.
Précisément, ça ne vous fait pas peur?
– Dans ce genre de match, on n’est jamais à l’abri de débordements. Mais notre kop de supporters et celui des Bernois ont eu un très bon dialogue. Grâce au Canton et à la Ville, la sécurité sera renforcée, alors je suis confiant.
Vous croyez à l’exploit de votre onze?
– L’histoire de la Coupe suisse regorge de grandes surprises. J’ai un immense respect pour ce mastodonte qu’est YB, même si son équipe est un peu à la peine en ce début de championnat. Il y a certes deux ligues d’écart, mais nous restons sur 26 matches sans défaite. Comme je le répète souvent à mes joueurs: «Si on n’a pas tout donné, on n’a rien donné.» On va peut-être s’en prendre 4 ou 5, mais ce n’est pas grave.
Deuxième après six journées, vous venez de prendre un départ canon en Promotion League, votre nouvelle catégorie. Vous êtes surpris?
– En début de saison, notre objectif était d’engranger un maximum de points le plus vite possible pour assurer le maintien et nous mettre à l’abri et c’est en bonne voie. Salim Karib, notre directeur sportif, m’a toujours répété que nous allions très vite jouer le haut du classement. Et je commence à le croire. Dans le jeu, nous avons déjà rivalisé avec les meilleurs, battu Rapperswil, leader et grand favori pour la Promotion. Or, l’appétit vient en mangeant.
Comment expliquer un tel départ?
– Nous avons gardé la même ossature tout en y ajoutant des joueurs d’expérience qui ont déjà joué ce niveau et qui tiennent la baraque. Je suis aussi fier que l’équipe compte plusieurs jeunes de la région, comme Filip Zuvic (21 ans), stopper titulaire formé à La Tour-de-Peilz.
Vevey est en pleine bourre depuis l’arrivée en début d’année du nouvel entraîneur Jean-Philippe Lebeau. Il est pour beaucoup dans ce qui se passe?
– Le plus important, c’est qu’avec lui, les joueurs ont retrouvé le plaisir de jouer, d’aller à l’entraînement. Il a changé l’ambiance de travail et la mentalité du vestiaire. Dans le football, c’est essentiel.
Marwane Hajij, votre joueur clé, vient de vous quitter en plein championnat pour rejoindre Wil en Challenge League. Une déception?
– Ce départ m’a surpris. Marwane avait repris le championnat depuis deux mois avec nous, il jouait, il touchait son salaire et soudain, c’est au revoir et merci. Nous nous réservons le droit d’engager une procédure contre lui. Même si cela arrive dans tous les clubs. Ce départ donnera une chance à d’autres joueurs, les motivera encore plus.
Autre affaire. La semaine dernière, on apprenait que Vevey, accusé de non-paiement par deux anciens joueurs, était interdit de transfert pendant trois ans par la FIFA. Avant la levée de cette sanction quelques jours plus tard…
– Ce litige avec ces deux joueurs, nous n’en avions plus entendu parler depuis neuf mois. Et tout d’un coup, nous avons reçu cette sanction non par lettre recommandée, mais par un mail qui parmi les centaines que nous recevons tous les jours, nous a passé sous le nez. Depuis, nous avons pu nous justifier et tout est rentré dans l’ordre.
Et cette rumeur selon laquelle en catimini Vevey aurait été racheté par des Qatari…
– On m’en parle tous les jours et je la démens formellement. Depuis notre ascension, notre budget a été augmenté de deux tiers, le robinet s’est ouvert, plusieurs personnes privées, étrangères notamment, nous aident financièrement. C’est le soutien de l’une d’elles qui a déclenché cette rumeur, mais il se trouve qu’elle n’est pas qatarie.
Dans une récente interview au Blick, Salim Karib déclarait que vous visiez la Challenge League d’ici à 2028. Vous souscrivez?
– Comme directeur sportif, il est ambitieux, et c’est normal. Nous avons les moyens de jouer un jour plus haut. Mais pour cela, nous aurons besoin d’un soutien plus fort de la région, de l’économie locale. La Municipalité, et c’est bon signe, vient de débloquer des crédits pour des nouveaux luminaires et pour changer notre terrain principal en synthétique. Cela va nous permettre d’intégrer une partie des 120 jeunes en liste d’attente.
Jusqu’à quand allez-vous rester président?
– Avec trois montées dont celle en Promotion, j’ai atteint tous les objectifs que je m’étais fixés à mes débuts. Si je continue? Ce sont les membres de l’assemblée générale de ce jeudi qui décideront.
