L’ivresse des sommets en toute sécurité

Les trois «vie ferrate» de la Videmanette offrent une bonne vue d’ensemble de la discipline. 

Rougemont
Ces dernières années, la via ferrata est en plein boom. Nous avons testé cette discipline, idéale à pratiquer en automne, du côté de l’iconique Rübli. Impressions et conseils.

Depuis le 1er juillet dernier, pas moins de 120 messages manuscrits sont venus étoffer le «livre du sommet» attendant les randonneurs à l’arrivée commune des «vie ferrate» 1 et 2 de la Videmanette. Lesquelles mènent ensuite au sommet du Rübli à 2’284 m sur les hauts de Rougemont. Mais ce chiffre de 120 peut probablement être multiplié par trois ou quatre si l’on songe que tout le monde ne laisse pas sa trace noir sur blanc et que la majorité des personnes s’attaquent en aller-retour à la plus accessible «via ferrata», la numéro 1.  

La statistique en dit long sur la beauté de ce petit coin de Pays-d’Enhaut, mais aussi et surtout sur l’essor rencontré par la «via ferrata» ces dernières années. Cette discipline de niche née dans les Dolomites au début du XXe siècle grâce à l’armée italienne est en train de devenir grand public, notamment depuis le semi-confinement imposé lors de la période Covid. En témoigne la sortie récente du guide «Via ferrata, 30 parcours haut perchés en Suisse» de Florian Müller et Sébastien Anex aux éditions Helvetiq. 

À parcourir en boucle

Celles testées ce jour entre amis n’y figuraient pas. Nous vous les recommandons pourtant, surtout à l’orée de l’automne qui est peut-être la plus belle saison pour ce genre d’activité. Ces «vie» sont accessibles aux débutants pour ce qui est de la 1 (500 m de câble, D+150 m, coté K1 facile sur 6 échelons) et de la 2 (380 m de câble, D+160 m, coté K2 moyen) mais un peu moins pour la 3, quoi que… (400 m de câble, D+190 m, coté K3 assez difficile). Une quinquagénaire, croisée au sommet, nous a en effet confié avoir fait son baptême là sans problème majeur. «En une vingtaine d’années d’existence, aucun accident grave n’a jamais été répertorié dans nos <vie>», se réjouit Thierry Gerber, responsable technique du secteur Videmanette – Eggli. 

Autre point appréciable: on peut parcourir ces «vie ferrate» en boucle. C’est-à-dire monter par la 1 et descendre par la 2 ou monter par la 2 et descendre par la 1, ce qui permet de varier les points de vue. Au sommet du Rübli une croix et un panorama enivrant à 360 degrés vous attendent, embrassant aussi bien le glacier des Diablerets, que les Dents du Midi, les Bernoises ou encore la Gummfluh. La montée peut aussi se faire à pied – soit 7 km et D+1’200 m à parcourir en 2 à 3h – ou en télécabine moyennant 20 minutes l’aller-retour. La suite se fait à la force des bras et des mollets et au son des chocards, des marmottes et des cloches de vaches. 

Les «vie»1 et 2 sont nées en 1999 et la 3 en 2002. Cette dernière a été ouverte dans la face Ouest par Kobi Reichen, guide de montagne bien connu et familier de la face Nord de l’Eiger. Le montagnard avait d’ailleurs été inspiré par les bouquetins locaux qui font régulièrement preuve d’agilité dans le secteur.

Un zeste d’audace et peu de matériel

Située au point d’intersection de la randonnée, de l’escalade et de l’alpinisme, la «via ferrata» donne un goût d’aventure alpine sans avoir besoin d’énormes compétences techniques ou physiques. Pour s’y frotter, il suffit de ne pas souffrir du vertige, d’avoir le pied sûr, de disposer du matériel ad-hoc et savoir s’en servir. Soit un casque, un baudrier équipé de deux longes qui vous relieront en permanence à une ligne de vie métallique et des chaussures de montagne. Tout cela se loue pour 20 francs au départ des télécabines de la Videmanette. À noter que cette remontée mécanique a fermé le 1er septembre.

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