
Jean-Philippe Mayor sur le point de renverser 400 kilos dans le dévaloir. À l’étage au-dessous se trouvent l’égrappeuse et le pressoir. | R. Brousoz
«Y a combien de kilos de raisin, là?» «C’est quoi un transpalette?» Au sous-sol de la Cave Mayor à Vevey, les machines n’étaient pas les plus bruyantes ce lundi matin. Ou presque pas. Le raffût de la table vibrante, de l’égrappeuse et du pressoir était sérieusement concurrencé par des dizaines de questions, d’exclamations et autres rigolades d’enfants. Et pour cause: une classe blonaysanne d’une vingtaine d’élèves y était en visite afin d’assister à l’arrivée de la vendange.
«C’est du Chasselas qui a été transporté de Blonay ce matin», annonce Jean-Philippe Mayor, juché à côté d’un énorme bac, prêt à être renversé dans le dévaloir. «Il y en a pour 400 kilos.» Peu avant dans le laboratoire, le vigneron faisait passer l’œil de chaque enfant dans le réfractomètre, appareil qui permet de mesurer la quantité de sucre dans le moût. «72 degrés Oechsle: pour cette année, on dira que c’est correct», commente le professionnel.
Bientôt un examen
Cette immersion viticole, ces élèves de 7 à 8 ans la doivent à leur enseignante, Letizia Gullifa, qui avait envie de leur faire découvrir la transformation du raisin de l’état solide à l’état liquide. Une leçon qu’elle voulait rendre vivante. «C’est incroyable de pouvoir assister à ça», s’enthousiasme la maîtresse qui connaissait cette cave située à Gilamont pour avoir habité à Vevey. «La proximité avec la ligne MVR a aussi joué en sa faveur», complète-t-elle entre deux prises de note. Car oui, la visite fera bientôt l’objet d’un test de science.
«C’est un plaisir de montrer aux enfants comment ça se passe», expliquent de leur côté Jean-Philippe et son épouse Annette, qui ont accepté la demande au pied levé. Une démarche plutôt rare selon eux, même s’ils n’en sont pas à leur première. «On l’a notamment eu fait avec l’école des Crosets, quand notre fille Adeline y était élève.».
Un verre, mais pas plus!
Justement, à côté du pressoir en action, Adeline, 32 ans aujourd’hui, remplit un pichet de moût. C’est l’heure de la dégustation dans des petits verres en plastique. «Hmmm, c’est sucré.» «Ça a le goût de la peau du raisin!», entend-on entre deux gorgées. Ici, un verre déjà vide. «C’est possible d’en avoir encore un peu?» «Euh, un tout petit peu», sourit la représentante de la quatrième génération, qui tente de leur expliquer les risques d’un trop-plein de ce breuvage pour leur transit intestinal.
Un cours extra-muros d’une heure qui se terminera par la découverte des énormes cuves en inox, dont les plus grosses atteignent une capacité de 6’800 litres. «Ouah, c’est gigantesque!», s’exclame un élève, alors que ses copains font la queue pour crier à tue-tête dans l’un des réservoirs vides. Presque plus de bruit que les machines, qu’on vous dit.
