
Au dernier Conseil, considérations écologiques et esthétiques se sont confrontées en matière d’éclairage. | P. Combremont
Un peu inattendu, le débat qui a eu lieu au Conseil communal de Montreux est emblématique du rapport de force entre les représentants du tourisme, des commerces et du patrimoine, d’un côté, et les préoccupations énergétiques et environnementales. Signe que la question divise, le préavis concernant la «mise en conformité» de l’éclairage public dans six secteurs de la commune a été amendé par 37 voix contre 35.
«Montreux compte parmi les gros consommateurs d’électricité», a relevé le municipal Florian Chiaradia. La Commune paie 36,7 centimes par KW/h pour son éclairage public, soit presque le double du tarif standard. Un prix élevé qui a d’ailleurs interpellé et sera soumis à la Commission de gestion. Pour l’Exécutif, il s’agit ainsi en priorité de diminuer la facture, en renouvelant certains systèmes défectueux, comme les lampes à vapeur de mercure, ou devenus obsolètes comme les tubes néons des 220 lampadaires installés sur l’ensemble des quais. Jusque-là, rien à redire.
Mais la Municipalité entend également «réduire la pollution lumineuse», donc l’intensité de ces différents mâts. Un deuxième but peu goûté par la Commission, qui a critiqué un «dégât d’image». «Les dispositifs à LED dégagent une ambiance froide et agressive. La mise en valeur de la ville semble reléguée au second plan.» «Supprimer des candélabres pour les remplacer par de simples éclairages routiers, ce serait pénaliser les commerces et la population», a estimé le PLR Mathieu Quartier.
L’esthétique d’abord
«Les objectifs ne peuvent pas être que quantitatifs», a abondé son collègue de parti Simon Lepêtre, en appelant la Municipalité à prendre en compte l’esthétique, la qualité et l’aspect chaleureux de certains modèles de réverbères. Pour sa part, dans une missive lue au Conseil communal, l’Association pour la protection du patrimoine montreusien a fait part de son inquiétude à voir disparaître les réverbères «Belle-Epoque» offerts par les commerçants et installés dans les années soixante près de la gare.
À l’inverse, «à chaque époque, depuis 1900, on a posé du contemporain», a fait constater Christophe Lombardo (PLR). «On ne peut pas donner l’image d’une ville à l’abandon, de solutions bricolées ou même la plonger dans le noir», a encore réagi le municipal Florian Chiaradia.
Les arguments ont fait leur effet. Si le renouvellement des lampadaires a été avalisé pour certains secteurs de la ville à deux voix près, ceux des quais et de l’avenue des Alpes ont été retirés du projet global. Par conséquent, le crédit engagé a été ramené de 3,8 à 2 millions de francs.
Ce revers a en outre fait ressortir l’urgence d’un «plan lumière», annoncé pour 2025. À n’en pas douter, le débat de mercredi dernier n’est pas totalement terminé.

La très populaire plateforme circulaire suspendue sur le lac au bas de la place du Marché, près de la statue de Freddie Mercury, est en mauvais état et doit être refaite. Après une durée de 16 ans depuis sa rénovation en 2008, le plancher de «sipo», le type de bois qui la compose, et ses bancs sont «en fin de vie», indique la Municipalité. À la suite de plusieurs chutes, une barrière provisoire de sécurité avait déjà été installée en urgence, à la demande du Canton, aux abords du ponton, en janvier de l’année dernière. Les lattes, déjà maintenues par des réparations de fortune, seront remplacées et le ponton renouvelé en bois d’Accoya, imputrescible et très résistant à l’eau. Celui-ci, plus durable que des espèces indigènes, devrait permettre une longévité de 25 ans. La structure métallique subira également un traitement anti-corrosion. Une barrière en métal, amovible en fonction des événements, bordera en outre le site. Enfin, l’éclairage, ainsi que celui de la statue, seront adaptés. Les travaux, d’un coût estimé à 930’000 francs, seront réalisés entre la fin du Marché de Noël, en janvier prochain, et le Montreux Jazz Festival. La volonté de l’Exécutif est même de développer ce ponton, très fréquenté et mondialement connu, avec un accès au lac. Une étude a été lancée, qui devra notamment établir la nature du fond lacustre. Le projet sera ensuite soumis à une autorisation cantonale.
