Territet sous les éclats de rires de la Revue
Un des sketchs qui a marqué le public, celui sur le papet vaudois. | M. Courbat – Revue vaudoise
Des travaux interminables sur l’A9 aux nouvelles limitations à 30 km/h à Montreux, sans oublier la débâcle du Vibiscum Festival: aucune actualité locale n’a échappé aux crocs de la troupe de la sixième Revue vaudoise, orchestrée par le duo Cuche et Barbezat. «Les Vaudois aiment rire d’eux-mêmes», affirme le second nommé, qui cumule les casquettes de producteur, comédien et metteur en scène. Au port de Territet, le Magic Mirror, un chapiteau de velours rouge, abrite la revue dans une salle à 360 degrés, jusqu’au 8 décembre.
Dans une ambiance intimiste, comédiens et musiciens foulent le parquet pendant plus d’une heure et demie. Certains préfèrent ramper, comme ces deux escargots se traînant péniblement sur le devant de la scène, provoquant l’hilarité des spectateurs. Sous les costumes, Jessie Kobel et Pierre Aucaigne illustrent avec humour les nouvelles limitations de vitesse au sein de la Perle de la Riviera. Ce dernier, comédien français établi en Suisse et récemment intégré à la troupe, est comparé à Louis de Funès par Barbezat. Et ce n’est pas peu dire. Avec ses tics et mimiques loufoques, il incarne avec brio un capitaine de la CGN titubant après avoir percuté le ponton de Cully avec le «Simplon». S’ensuit l’arrivée de la conseillère d’État Nuria Gorrite en extase, qui déguise la vérité: ce n’est plus le capitaine ivre qui est fautif, mais bien… la tempête! Autre moment marquant du spectacle: derrière un personnage tremblant qui mime un mendiant, se cache William von Stockalper, le président du Vibiscum Festival. À propos de la faillite du festival, le «Boss des affaires» s’exclame innocemment: «Je n’y suis pour rien!» Sa solution? Un festival avec un seul musicien. Et qui de plus adapté qu’un beatboxer, capable de reproduire une multitude de sons et d’instruments uniquement avec sa bouche? Keumart, beatboxer franco-suisse, est le profil idéal. Rejoint sur scène par la multi-instrumentiste Léa Gamba, ils forment un duo pétillant.
Faire découvrir la revue aux plus jeunes
«Ce qui est fort dans les revues, c’est la tradition. Il y a un attachement et une fidélisation qui sont exceptionnels, s’enthousiasme Barbezat. C’est un produit de proximité, c’est du terroir.» Si le public est majoritairement d’un certain âge, la revue tente d’attirer les jeunes. «Il y a tout pour leur plaire: de la musique, de la danse moderne comme du hip-hop, ce n’est pas folklorique», assure l’humoriste.
Parmi eux, Nicolas, 26 ans, qui a gagné son billet sur un site de vente en ligne. «Je ne savais pas ce qu’était une revue avant que mes amis m’expliquent. Même sans connaître l’actualité locale, j’ai bien ri. Je trouve que les sketchs étaient très accessibles.»
Les spectateurs repartent avec le sourire aux lèvres, et dans la tête, le «hit de l’année» qui tourne en boucle: «C’est le papet woh oh, des vaudois, la di da da. C’est le papet woh oh, la saucisse, patate, poireau!»
www.revuevaudoise.ch





