Adultes ou enfants, les proches aidants ont besoin de soutien

Santé
Ce mercredi 30 octobre marque la 11e édition de la Journée intercantonale des proches aidants, initiée en 2012 par le Canton de Vaud. L’occasion de mettre en lumière un rôle qui concerne un Suisse sur quatre, dont de nombreux jeunes.

Quelle que soit leur réalité, les proches aidants ont en commun de soutenir un proche, ami ou membre de la famille, malade ou dépendant. Si cette solidarité leur semble naturelle, elle n’est pas sans risques: épuisement, difficultés financières ou isolement peuvent survenir. 

L’alliance intercantonale, qui réunit désormais dix cantons, se mobilise chaque année en faveur de ces personnes. En ligne de mire, un triple objectif: rendre visible cette cause en sensibilisant la population, informer et remercier les principaux concernés. La nouveauté vaudoise de cette édition? Des stands d’information tenus par différents partenaires, présents dans huit centres commerciaux du canton. Une manière de toucher le plus grand nombre. 

Se reconnaître et être reconnu 

Pour les professionnels, l’un des défis consiste à aider les personnes proches aidantes à se reconnaître comme telles. «La plupart du temps, elles estiment que c’est normal et agissent volontairement. Là se trouve le challenge: il faut leur faire prendre conscience de leur situation et leur indiquer l’existence de ressources pour les soulager», relate Johanna Monney, chargée de projets à Espace Proches à Lausanne. L’initiative encourage aussi l’entourage des proches aidants à faire un geste en offrant par exemple un moment de répit, comme une échappatoire dans un quotidien pesant. 

Un engagement qui n’a pas d’âge 

Loin d’être épargnés, les jeunes de 10-15 ans représentent 8% des proches aidants, selon une étude de la Haute école spécialisée Kalaidos. Un pourcentage nuancé par Muriel Vial, cofondatrice de l’Association Enfants aidants, créée début 2023. «Ce chiffre reste très subjectif et indicatif. Il ne tient par exemple pas compte de la situation des enfants de moins de 10 ans et est donc probablement en deçà des chiffres concrets.»  

Pour ces jeunes, il est d’autant plus compliqué d’admettre leur statut. «Même s’ils ont conscience de la situation et de la fragilité de leur parent, il y a une difficulté à s’y confronter. Parfois, ce rôle représente même une manière d’exister. Hors du contexte familial, ils ont tendance à se construire une autre identité pour cacher ce qu’ils vivent», explique Muriel Vial, qui a elle-même endossé ce rôle. «Tenant compte de nos parcours respectifs, nous transmettons aux jeunes un <savoir expérientiel>», poursuit-elle. Ces témoignages aident les jeunes à se sentir légitimes. L’association les accompagne aussi par un système de marrainage ou parrainage et des groupes de parole. 

Quel que soit l’âge, l’écoute constitue une ressource clé. Du côté d’Espace Proches, une permanence téléphonique gratuite (0800 660 660) est en place. «Il ne faut pas hésiter à demander de l’aide. Tout proche aidant a le droit d’obtenir du soutien», conclut Johanna Monney. 

Plus d’infos: journee-proches-aidants.ch

Des stands d’information et d’animation sont proposés toute la journée dans nos régions au Centre Manor à Vevey et au Riviera Centre à Rennaz.