«Pendant dix ans, nous avons entretenu la vigilance»

La Tour-de-Peilz
Créée en 2014 en réaction à un projet de skatepark, l’association «Sauver le Jardin Roussy» met fin à ses activités. Bilan avec sa présidente Anne Marie Arnaud.

«On s’est donnés, on a tout pris au sérieux.» Pas la moindre tristesse dans la voix d’Anne Marie Arnaud, mais une bonne dose de fierté. Après une décennie d’activités, l’association boélande «Sauver le Jardin Roussy» met fin à son existence. «Nous n’avons pas trouvé de relève», explique sa présidente, qui ne semble toutefois pas s’en formaliser. «On considère que notre combat a été gagné.»
Début 2014. Alors qu’un skatepark de 450 m2 est envisagé par la Municipalité au beau milieu de ce poumon vert centenaire, Anne Marie Arnaud prend la tête d’une fronde qui ne veut pas voir le béton y couler au profit des petites roulettes. Une pétition de 2’098 signatures sera déposée auprès de la Commune, suivie dans la foulée par la création de l’association.
Face à ce mouvement citoyen – et visé par une cinquantaine d’oppositions – le projet prévu au bord du lac est finalement abandonné par l’Exécutif. Mais pas l’idée d’un paradis pour planchistes. Ce dernier se concrétisera en 2018 sous forme de skatepark urbain dans la cour du collège des Marronniers.
Toujours aux aguets
Une victoire sur laquelle ne s’endormira toutefois pas l’association, forte de quelque 200 membres. Afin de mettre en lumière le patrimoine du Jardin Roussy, l’entité commande une étude historique, dendrologique et paysagère de 60 pages qu’elle dévoile en 2019.
Derniers faits d’armes en date, les critiques de la présidente – également conseillère communale – face aux intentions municipales de réaménager le parc arboré. Signe d’après elle que sa voix a porté, les deux crédits d’études soumis au corps délibérant ont consécutivement été refusés au cours des derniers mois.
«Il n’y a rien à faire de particulier dans ce jardin, hormis de l’entretien et quelques arbres à replanter», estime Anne Marie Arnaud, qui s’agace par exemple de voir la souche du grand séquoia encore présente. «Même si notre association n’existe plus, je continuerai à rester vigilante en tant qu’élue», assure-t-elle.
Lors d’une dernière assemblée extraordinaire, il a été décidé que les quelque 15’000 francs restants dans la caisse de «Sauver le Jardin Roussy» seraient reversés à l’association Pro Riviera.