
Yvan Luccarini a pu retrouver ses fonctions de syndic début janvier malgré une maladie neurologique génétique rare. | Y. Genevay – Tamedia
Après trois mois d’absence, c’est avec un sourire satisfait qu’Yvan Luccarini nous accueille dans son bureau au sein de l’administration communale. Un début d’année consacré à reprendre le fil de ses e-mails, de son agenda et se mettre à jour sur les dossiers en cours avant la reprise officielle des séances de Municipalité ce lundi.
Si le verdict est désormais connu, le Veveysan étant atteint d’une maladie neurologique génétique rare de type Charcot-Marie-Tooth, c’est avec confiance et entrain qu’il reprend son engagement politique. «C’est rassurant de connaître le diagnostic et je l’accepte assez bien. Savoir que la progression de la maladie est très lente, qu’elle n’atteint pas les fonctions cognitives, et que mon espérance de vie n’est pas réduite me permet de rester optimiste.»
Lever le secret médical
Par voie de communiqué le 6 janvier, Yvan Luccarini a personnellement dévoilé les raisons de son arrêt maladie et son retour à la Syndicature. «Mon absence a suscité un certain nombre d’interrogations et de spéculations. J’ai donc voulu être transparent et donner des réponses pour faire taire les rumeurs.»
Quant à sa volonté de dévoiler son état de santé, une sphère très intime et privée, il trouvait nécessaire de montrer la vulnérabilité derrière le visage public. «Je trouve bien de rappeler que les politiciens sont aussi des êtres humains.»
Car si les premiers symptômes sont apparus il y a une dizaine d’années, tels que la perte de sensibilité dans les doigts de pieds et des troubles de l’équilibre, les désagréments se sont récemment accentués. Il a donc décidé de retourner chez son médecin en automne pour effectuer de nouveaux tests.
Son arrêt maladie dès la mi-octobre était nécessaire pour se rendre à ses nombreux rendez-vous et examens médicaux, afin d’établir un diagnostic et éliminer d’autres pathologies possibles. «Ma situation personnelle est devenue incompatible avec ma fonction professionnelle. Il fallait prendre le temps pour comprendre mes symptômes.» S’il n’a pas communiqué sur son état de santé jusque-là, c’était par manque d’informations précises sur cette dernière.
Politique veveysanne en «bonne santé»
Quant aux différentes tensions politiques, notamment autour du budget 2025, le syndic se montre rassurant. «Les désaccords existent par essence. C’est un signe de bonne santé démocratique, poursuit l’ancien député. Les clivages en politique sont normaux, et il ne faut pas confondre avec une situation de conflits.»
Reste que 2025 sera une année particulière, car les élections communales vaudoises se déroulent au mois de mars 2026. Les tensions cristallisées autour du budget seraient à analyser sous le prisme de cette année électorale. «Cela a fait perdre du temps à l’administration, c’est dommage, regrette l’édile. Si le but était de déstabiliser la gauche, c’est de bonne guerre. Mais la méthode a aussi perturbé le personnel communal, ce qui est moins compréhensible.»
«Cette année sera une expérience inédite pour l’ensemble de la Municipalité, conclut Yvan Luccarini. Nous devrons jongler entre campagne politique et exercice de nos fonctions. C’est un défi que je me réjouis de relever.»
