
Les visiteurs ont pu déguster plusieurs salées de la Vallée lors de la journée du Patois. / Q. Frei
Costumes traditionnels et chants folkloriques entonnés dans un jargon aussi mystérieux qu’envoûtant, il y avait de quoi éveiller la curiosité des badauds samedi dernier en plein cœur de Monthey. La Fondation du patois y proposait une journée d’immersion dans les dialectes valaisans. «Le but de ce genre d’événements est de visibiliser le patois et d’encourager la population à s’y intéresser, parce qu’il est malheureusement en train de dépérir», observe l’organisatrice Lucie Arlettaz.
Durant toute la durée de la manifestation, les visiteurs ont ainsi pu participer à des ateliers pour apprendre les noms de plantes, une conférence sur les origines des différences de langages dans le Valais romand ou encore suivre des échanges en patois. Et comme fil rouge, l’Association de patoisants de Troistorrents – les Lou Tré Nant – s’est chargée d’une bonne partie de l’animation. L’occasion de présenter ses activités et de livrer quelques anecdotes comme celle du président des Lou Tré Nant, Laurent Dubosson. «Le patois a quelque chose d’inexplicable et de fascinant. Celui parlé à Troistorrents par exemple ressemble énormément à celui de la Vallée d’Abondance, alors que le dialecte de Val-d’Illiez – pourtant situé juste à côté – est bien différent.»
Même si le constat tend plutôt vers une diminution de l’intérêt général pour le patois, ce sont plus de 300 personnes qui ont assisté à cette journée immersive. Le concours de la meilleure salée de la Vallée a particulièrement séduit. C’est une Montheysanne, Christel Gischig, qui a été récompensée pour sa recette. Le bouquet final est venu des membres de Lou Tré Nant qui ont performé une de leurs saynètes devant le public.
Le patois en Suisse romande
Le Valais compte près de 20 associations comme celle de Troistorrents, ce qui en fait de loin le canton romand le plus actif dans la pratique du patois. Toutefois, cette langue aux racines francoprovençales est également parlée ailleurs en Suisse romande. Dans le canton de Vaud, elle se fait rare, bien qu’encore présente aux Ormonts et au Pays-d’Enhaut. On la retrouve aussi en Gruyère et dans la Glâne, dans le canton de Fribourg, ainsi que dans le Jura.
