
Ces masques emblématiques du carnaval du Lötschental servent notamment à chasser les mauvais esprits. | Fort de Chillon SA – Kevin Bigler
À première vue, un bunker de l’armée suisse et les masques terrifiants du carnaval du Lötschental semblent ne rien avoir en commun. Et pourtant… Comme l’explique Christophe De Rham, directeur du musée, «ces deux univers se rejoignent, car ils incarnent des mondes souterrains, mystérieux et effrayants».
Dès l’entrée dans la forteresse, nos pas se confondent avec l’écho des bottes des militaires. Une fois arrivés au bout de ce labyrinthe souterrain, une petite pièce invite à un autre type d’immersion. Les masques, imposants, presque démesurés, nous accueillent. Sculptés principalement dans du bois d’arolle, les traits sont grossis. Grimaces grotesques, dents crochues faites de dents d’animaux ou de cornes de vaches, peaux de moutons, nez biscornus. Difficile de croiser leurs regards sans éprouver une étrange sensation.
«Nous souhaitions une exposition en lien avec cette période de carnaval. Le Musée du Lötschental a été très enthousiaste à l’idée de nous prêter une partie de ses œuvres», se réjouit le directeur. La vingtaine de masques accrochés au mur est complétée par la projection d’un documentaire sur le savoir-faire ancestral des sculpteurs.
Tradition mystique et ancestrale
Les Tschäggättä, personnages emblématiques du carnaval du Lötschental portant ces masques, incarnent une tradition séculaire, née dans une vallée isolée dans les Alpes valaisannes. Chaque année, du 3 février au Mardi gras, ils déambulent, vêtus de peaux, de fourrures d’animaux et de grelots à la ceinture, dans les ruelles de la vallée. Effrayant villageois et chassant les mauvais esprits. «Il est fascinant de voir comment cette coutume locale, issue d’un village reculé, s’est muée en un véritable symbole cantonal et emblème national», relève Christophe De Rham.
Le directeur et son apprenti s’amusent encore de leur périple jusqu’au Musée du Lötschental sous 40 cm de neige, acheminant les œuvres jusqu’à la Riviera. «Ce village est magique. Avant de traverser le tunnel et d’arriver dans la vallée, tout était vert et ensoleillé. Puis, de l’autre côté, on aurait dit qu’on entrait dans le Monde de Narnia, détaille Kevin Hermann. Les arbres étaient complètement enneigés, c’était féerique».
www.fortdechillon.ch/carnaval/
Ateliers gratuits de fabrication de masques pour les enfants pendant les vacances de février et jusqu’à la fin de l’exposition.
