
Frelon muni d’un émetteur radio pour dépister les nids. | SAM Monthey
Aucun répit pour le frelon asiatique. Ce prédateur massacre les abeilles, se sert dans les vergers, se planque dans des abris de jardin et se développe de manière exponentielle. Il peut surtout présenter un danger mortel pour l’homme. Le Service de l’agriculture valaisan vient de mettre en place une cellule de crise pour lutter contre la propagation de Vespa velutina, en collaboration avec les associations apicoles et les Communes.
L’État enclenche la surmultipliée alors que des spécimens du célèbre frelon à pattes jaunes ont été observés pour la première fois en fin d’année 2023. La surveillance a alors été renforcée. Dès le printemps 2024, une méthode pour capturer les jeunes reines a été testée, afin qu’elles ne puissent pas fonder de nids.
L’action a permis de «trouver et détruire trois nids à l’automne dernier, entre Saint-Gingolph et Vionnaz. Mais aussi quatre de l’autre côté de la frontière. Le frelon est très présent en Haute-Savoie et sur Vaud», indique Nicolas Senn, président de la Société d’apiculture de Monthey. La destruction des nids est le seul moyen de freiner l’invasion et de protéger les ruchers, «véritables restaurants pour le frelon», et leurs colonies d’abeilles, ici sur les districts de Monthey et Saint-Maurice.
Vaud est donc beaucoup plus impacté, et ce depuis plusieurs années. «En 2024, 200 nids ont été détruits. L’objectif pour cette année est de 500. Riviera et Chablais vaudois en abritent environ 10%», révèle la Blonaysanne Amélie Héritier, membre du comité de la Fédération vaudoise des sociétés d’apiculture.
Piégeage, oui… et non
Diverses mesures sont mises en place pour éliminer un maximum d’individus, sachant qu’on «ne pourra pas éradiquer entièrement le frelon», assurent les deux apiculteurs. Le Canton du Valais a notamment opté au printemps pour le piégeage, «soit la pose de bouteilles en plastique avec à l’intérieur un mélange d’alcool et de sucre les attirant. Ils peuvent entrer, mais plus en sortir. 4’000 ont été posés par des membres et des employés communaux, un tous les 300 mètres», détaille Nicolas Senn.
Cette technique est en revanche interdite par le Canton de Vaud. Sauf pour des spécialistes apicoles qui ont reçu une dispense pour capturer des individus – dans le but d’études de comportement. «Il est avéré que beaucoup plus d’insectes que le frelon sont pris dans ces pièges. C’est donc un danger pour la biodiversité», informe Amélie Héritier. Autre technique mise en place en Valais, la pose d’un émetteur radio sur des frelons capturés. Lorsqu’ils retournent dans leurs nids, éloignés jusqu’à deux kilomètres, ils révèlent leurs emplacements.
Signalements nécessaires
L’enjeu majeur est de combattre les jeunes reines en détruisant leurs nids primaires de la taille d’un ballon de handball, avant qu’elles migrent – par manque de place – pour construire des nids secondaires. Ils peuvent atteindre 80 cm de diamètre et abriter des milliers d’individus.
«Il est compliqué de les repérer, car ils sont difficiles d’accès, souvent placés sur la cime de grands arbres», précise Nicolas Senn. Ses locataires sont éliminés grâce à un insecticide puissant. «La sensibilisation du public est un élément essentiel au combat contre le frelon. Chaque personne qui voit près de chez elle un individu ou un nid primaire a la possibilité de le signaler», ajoute Amélie Héritier. Ces gîtes temporaires se trouvent autour des bâtiments, comme les avant-toits, les abris ou les tas de bois.
Parallèlement, les apiculteurs des sections de l’Est vaudois envoient un courrier cette semaine aux Communes concernées pour qu’elles contribuent à relayer l’information auprès de leurs habitants. L’idée étant aussi qu’elles participent à la prise en charge la lutte, que ce soit financièrement ou en formant des employés.
www.vs.ch/web/sca/frelon-asiatique
Les signalements de nids et d’insectes suspects, accompagnés d’une photo, peuvent être déposés sur la plateforme suisse d’annonce
frelonasiatique.ch
