Le Château d’Aigle schtroumpfé par les collectionneurs

Stan a accompagné son collectionneur de papa, Eric, lors de la vente de figurines. Avec une table bien remplie, le choix était large pour les acheteurs.   | C. Maccarini

Figurines
Le Festival BD au château a fait la part belle aux petites créatures bleues ce weekend. Parmi les aficionados, les collectionneurs n’ont pas manqué la bonne affaire.

Le Château d’Aigle n’avait pas une allure de champignon géant ce dimanche, mais il s’est bien transformé en village des Schtroumpfs pour la 6e édition du festival dédié à la bande dessinée. Depuis leur création en 1958, les personnages de Peyo sont sortis de leurs pages pour envahir les vitrines des collectionneurs. Produits à l’origine par la société Bully en Allemagne, ils ont ensuite été utilisés comme cadeaux promotionnels par des publicitaires. Aujourd’hui, ce sont près de 100 millions de figurines qui ont été vendues à travers le monde.

L’exposition conçue par Arthur Anthamatten, grand collectionneur et spécialiste des Schtroumpfs, permettait aux visiteurs de découvrir des pièces rares témoignant de l’évolution de ces miniatures au fil des décennies. Lors de sa jeunesse, il en recevait quand il faisait une bonne note. Aujourd’hui, il en possède près de 4’000. «La plupart des collectionneurs regrettent de ne pas avoir pu acheter toutes les figurines dont ils rêvaient enfants. Mais croyez-moi, ils se rattrapent à l’âge adulte, explique Arthur Anthamatten. Et souvent ils le font avec leurs enfants.»

Des centaines de bonnets

Eric, un autre collectionneur, est venu au festival pour revendre des Schtroumpfs. Ce weekend, il tenait un stand, accompagné par son fils de 22 ans. Ancien vendeur de vinyles, il a troqué les platines pour des maisonnettes en forme de champignon. Comment s’est-il pris au jeu? Il pensait tout d’abord proposer des Schtroumpfs pour occuper les enfants pendant que leurs parents chinaient, mais il s’est rapidement retrouvé plongé dans un univers fascinant, au cœur d’une communauté accueillante. «Ce sont de véritables passionnés qui aiment échanger et donner des informations, ce qui n’est pas fréquent dans le milieu de la collection», souligne-t-il.

Et des figurines, il y en avait! Plus de 200 et pour toutes les bourses. Leur valeur peut aller de cinq à plus de mille francs selon les modèles. Cette différence de prix dépend surtout des petits loupés de fabrication, selon Arthur Anthamatten. «Comme elles étaient peintes à la main, il peut y avoir des erreurs, comme un pantalon qui n’aurait pas dû être vert par exemple. Cette particularité fait alors monter la cote de la figurine qui se trouve être rare sur le marché.» Pour connaître tous ces prix, les collectionneurs ont à leur disposition un livre de cotation qui catalogue toutes les statuettes existantes.

Au vu des plus de 2’300 visiteurs présents lors de la manifestation, la folie schtroumpfesque ne risque pas de s’arrêter de sitôt. Entre les nouvelles générations de collectionneurs et la sortie imminente d’un nouveau film, l’univers des Schtroumpfs continue de fasciner petits et grands.

« Dessine ton méchant préféré »

En plus d’observer des petites créatures bleues, les amateurs de BD ont aussi pu essayer de les «croquer». Comme ici, avec un atelier pour enfants où l’objectif était d’imaginer et de représenter «leur» méchant, sous l’égide de Joël Schopfer, alias Guéguèl. Spectacles concoctés par l’équipe aiglonne du Waouw, ateliers créatifs, concert dessiné, et dédicaces: voilà un bref aperçu des nombreuses activités proposées au public durant le Festival international de BD ce week-end.Du 15 au 16 mars, on a pu y retrouver des figures emblématiques du 9e art, telles qu’Adrienne Barman («Drôle d’encyclopédie»), Thierry Capezzone («Petzi»), Mara («Détectives»), Yoann («Spirou»), sans oublier l’invité d’honneur du festival Miguel Dìas Vizoso, dit «Miguel», l’auteur de la saga «Les Schtroumpfs». JOB