Deux ans de réflexion pour un tourisme « durable et attractif »

«2050, c’est suffisamment loin pour penser global et suffisamment proche pour s’y mettre tout de suite.» Henri-Pierre Galletti, président de l’organe de promotion touristique Région Dents du Midi (RDDM), a ainsi résumé l’urgence de définir une stratégie claire pour les 2-3 prochaines décennies en accord avec tous les acteurs du secteur. 

Ce lundi, à Val-d’Illiez, avec l’aide de son co-directeur Raphaël Brandou, il a livré la synthèse de deux ans de réflexion «participative» sur la question de savoir quel tourisme proposer aux habitants (qu’ils le soient à l’année ou en tant que résidents secondaires) et visiteurs pour concilier le réchauffement climatique et leurs besoins sur toute l’année. En somme, assurer «un avenir durable et attractif».

Les qualificatifs convenus se sont d’ailleurs enchaînés pour qualifier l’approche validée par l’ensemble des participants à la démarche, en premier lieu les trois Communes du périmètre, Champéry, Troistorrents et Val-d’Illiez, détentrices de 65% des actions RDDM. Morceaux choisis: la stratégie doit favoriser «un développement résilient», «un tourisme cohérent sur toute l’année», «un cadre propice au développement touristique et économique», tout en favorisant «une gestion durable et résiliente du territoire», moyennant «une approche innovante, agile et continue».

Des projets… encore à valider

Au-delà des concepts généraux, comment cela se traduira-t-il concrètement? Pour le savoir, il faudra patienter. Non pas que les projets n’existent pas, lancent en cœur les deux cadres de RDDM, mais ceux-ci n’ont pas encore été validés. «Leur mise en œuvre est prévue d’ici à 2030», a ajouté Henri-Pierre Galletti.

Ce dernier esquisse la nécessité d’insister sur une forme de «marketing événementiel qui a fait ses preuves», comme l’a prouvé le Mondial de la raclette en octobre 2023. «Ce projet a posé la vallée d’Illiez sur la carte. Les retombées médiatiques ont été incroyables, avec des sujets diffusés en France, aux États-Unis, au Japon.» Un autre début de piste pourrait être le prolongement de l’ouverture des installations de remontées mécaniques jusqu’en octobre, le mois le plus compliqué de l’année en termes de retombées touristiques.

Car le défi majeur reste, comme dans nombre de destinations, de s’affranchir d’une trop grande dépendance au ski, lui qui génère a minima 90% des revenus. «Le ski restera un pilier de l’économie touristique, et dans 20-30 ans, il y aura encore de belles saisons. Mais les saisons d’hiver vont se réduire, d’où la nécessité de rendre les remontées mécaniques plus utiles à la belle saison.»