
Mario Priolo dans son atelier d’horloger. Lui préfère que l’on dise: «réparateur en horlogerie». | C. Jenny
Chez lui, il y a des horloges partout. Même aux WC! Sa maison – hautement sécurisée – est un véritable temple de la grande et de la petite aiguille. Voilà un quart de siècle que Mario Priolo consacre au moins deux à trois heures par jour à la réparation de ses machines à mesurer le temps.
Du temps, il en a eu à disposition après avoir survécu à un gros pépin de santé qui l’a obligé à remettre son garage. Il a alors décidé d’ouvrir un petit atelier équipé comme celui d’un professionnel.
Mario Priolo a acquis la plupart de ses horloges dans les brocantes, en visitant les antiquaires, en arpentant les vide-greniers. Une majorité d’entre elles étaient défectueuses, voire en piteux état lorsqu’elles sont arrivées chez lui. Mais au prix de dizaines d’heures de travail, celui qui préfère se faire appeler «réparateur» plutôt qu’horloger, les a restaurées entièrement. Jusqu’à faire des recherches minutieuses dans le «Bénézit» – la bible des antiquaires – pour leur redonner tout leur lustre. Il n’a de cesse de redonner leur vrai visage à ses horloges auxquelles ils vouent un véritable culte. Pour chaque pièce, il déroule un petit billet qui renferme toutes les informations sur son origine.
Mario Priolo accepte de nous faire découvrir sa collection, ce qu’il fait rarement. N’entre pas qui veut dans son univers! Son épouse Erika sourit, mais elle sait que pour son horloger de mari, cette passion est essentielle, tant la trajectoire de vie de ce septuagénaire est atypique.
D’innombrables cadrans
Originaire de Sicile, au pied de l’Etna, Mario Priolo est venu jeune homme en vacances chez un parent dans la région et ça a été le coup de foudre instantané. Au point de décider de venir y vivre. Le pied de la Botte ne nourrissant pas forcément son homme à cette époque, il cherche du job ici. Il en trouve finalement dans des garages. Jusqu’à faire un CFC de mécanicien en cours d’emploi et à devenir un pilier de l’une des plus grandes enseignes de la Riviera.
Dans les années huitante, il décide de se lancer à son compte et de reprendre un petit garage. Une bonne affaire moyennant compétences et engagement. La maladie l’oblige toutefois à remettre son affaire, alors que ce goût pour les aiguilles et les mouvements l’habite déjà. «Je me souviens avoir acquis une horloge juste avant d’entrer à l’hôpital et m’être promis de la restaurer dès mon retour», se remémore-t-il.
Promesse tenue, cette horloge trône aujourd’hui dans le hall d’entrée de sa «maison-musée». Mario Priolo dit ne pas savoir combien de mouvements sonnent les heures dans sa demeure, mais il nous révèle son coup de cœur: une pendule murale qui le fait vibrer en sonnant chaque quart d’heure avec haute précision.
Cherche lieu d’exposition
L’âge aidant, Mario Priolo aimerait que ses horloges trouvent un lieu où elles seraient bien mises en valeur. Une fondation, une commune, un musée, etc. Si une personne ou un organisme affiche «un réel intérêt», c’est le cœur léger qu’il «ouvrira le royaume de sa passion horlogère». Au-delà de cette préoccupation, Mario Priolo savoure le temps de vivre, au chevet de ses mécaniques qui égrènent le temps.
