Une manif populaire «historique» pour sauver l’hôpital

La population de Château-d’Œx et de toute une région a tenu à défendre les intérêts de «son» Pôle santé. | P. Combremont

Château-d’Œx
600 habitants ont défilé jeudi, tous unis derrière la banderole «touche pas à mon Pôle santé». Le gouvernement a finalement décidé d’abaisser la coupe budgétaire à 120’000 francs pour le Pôle santé régional.

«Aujourd’hui, nous voulions vraiment donner sa place à l’expression de la population. Et elle est là!», s’émerveille Myriam Stucki Tinouch, l’une des coordinatrices de la mobilisation. «Est-ce qu’on n’est pas incroyables?», lance-t-elle, presque à bout de voix, aux près de 600 personnes présentes, malgré les averses qui s’annoncent. Certaines sont venues de toute la région, et même des Mosses et de l’Intyamon.
Cet impressionnant cortège a défilé depuis l’hôpital jusqu’au centre de la cité du Pays-d’Enhaut, brandissant le slogan «touche pas à mon Pôle santé», ainsi que de nombreuses pancartes tenues à bout de bras. Une ferveur populaire teintée par les battements des tambours et des sonneurs de cloches, mêlée aussi par un moteur de tracteur vrombissant et par le débordement d’énergie des enfants.
Mais ce joyeux tintamarre n’était pas synonyme de fête. Bien au contraire. «Halte aux coupes», «Notre hôpital, c’est vital», «Périphérie oubliée, patients sacrifiés», ou encore «La santé n’est pas une option», pouvait-on lire sur les différents panneaux. Avec ce cri de ralliement: «L’accès aux soins, c’est un droit humain».

Derrière les chiffres, de l’humain
«Depuis le début des discussions et des réductions, je n’ai entendu parler que d’économie, jamais de l’humain», relève, au moment des prises de parole, Klaus Schustereder, le directeur médical du Pôle santé du Pays-d’Enhaut (PSPE). Le docteur Jean-Pierre Randin rappelle quant à lui la nécessité de disposer d’une permanence équipée la nuit dans cette région éloignée, sous peine de devoir organiser des trajets privés jusqu’à Rennaz qui engageraient la sécurité du patient.
«Quand j’ai commencé, nous étions encore un hôpital avec un plateau technique. Depuis, j’ai vu la structure se vider, se démanteler, prévient Gilles Chatelain, représentant des médecins. Si vous ne voulez pas qu’il disparaisse complètement, ne lâchez rien!» «La pression budgétaire est toujours là, des coupes menacent toujours en 2027, la lutte continue!», abondent de leur côté l’assistant social du PSPE Olivier Pitteloud et la députée UDC Céline Baux.

Mobilisation entendue
En parallèle à cette action, une pétition lancée au niveau vaudois pour sauver les deux Pôles santé du Pays-d’Enhaut et de la Vallée de Joux a recueilli plus de 4’500 signatures. Elle a été remise ce mardi au président du Grand Conseil, Stéphane Montangero.
Les manifestants ont toutefois appris «l’excellente nouvelle» de la part de Maximilien Stauber, municipal et président du Conseil de fondation du PSPE. Après les revirements et les sélections budgétaires, le montant des réductions qui touchera le Pôle santé du Pays-d’Enhaut l’an prochain sera abaissé à 120’000 francs (ndlr: initialement une coupe de 1,6 mio était annoncée par le gouvernement). Signe que la mobilisation des citoyens «a bien été entendue».
Au-delà de l’avenir immédiat du PSPE et du débat politique, cette manifestation a aussi eu un effet rassembleur pour la région. «Les gens ont pris conscience qu’ils avaient ça entre leurs mains, c’est historique!», s’est réjouie la responsable du cortège, Joëlle Mottier.

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