
Le spectacle «Vevey 1688», capturé ici lors d’une répétition, réunira plus de 80 personnes sur scène à la Salle Del Castillo, sur la place du Marché. | Z. Baechler
«Vevey, 1688. L’édit de Nantes a été révoqué depuis trois ans et les réfugiés pour cause de religion, les Huguenots, y affluent en masse pour y trouver refuge. La ville devient terre d’accueil, terre de passage malgré la pauvreté et le blé qui manque dans tout le pays.» C’est l’accroche, simple, efficace, qui s’apprête à rassembler quelque 2’000 spectateurs de Vevey et des alentours en cette fin d’année 2025 marquée, encore et toujours, par les guerres, les tensions et – pour beaucoup – les fins de mois difficiles.
«C’est une période où l’on a envie d’entendre et de raconter des histoires, de rêver et de faire rêver», souligne le metteur en scène Cyril Ansermet, qui porte le projet avec le compositeur Ben Dubray, l’autrice Katia Baechler et Damien Buhlmann, responsable logistique et président du Collectif Immersif à l’origine de l’aventure.
Une histoire fictive sur des faits réels
L’histoire, justement? Celle de Marie, accueillie avec son fils Louis à l’hôpital du Vieux-Mazel à leur arrivée en 1688. Le jour, elle travaille chez un tailleur comme couturière et le soir, écrit à son mari condamné aux galères. Les jours défilent jusqu’à un tragique événement historique qui bouleversera la ville.
«On sait historiquement que les autorités bernoises avaient demandé de continuer à accueillir les Huguenots malgré le fait que les Veveysans avaient alors tout perdu», relève Cyril Ansermet, avant de revenir sur la genèse du spectacle. «On a eu ce projet de faire un spectacle sur le temps de Noël. Rapidement, on a eu envie de parler d’accueil, car c’est un sujet actuel, universel… et en lien avec Noël. Et nous voulions un spectacle local. Ben Dubray avait entendu parler des Huguenots et des liens avec Vevey. Nous avons alors demandé à Katia Baechler d’écrire le texte. Elle a fait une recherche assez minutieuse sur le contexte historique pour écrire une histoire fictive fondée sur des faits réels.»
Un mois de recherche que l’autrice veveysanne a fait notamment du côté du Musée du Vieux-Vevey, à la fin du printemps 2024, avant d’attaquer l’écriture du spectacle. «Je n’étais pas complètement étrangère à ce sujet, ayant comme beaucoup de Veveysannes et Veveysans des ancêtres huguenots. Mais j’ai dû étudier de plus près l’histoire de la ville sur une centaine d’années à partir de l’édit de Nantes pour mieux comprendre les enjeux et le contexte.»
Un travail qui a passionné Katia Baechler. Et en particulier sur un point. «Il faut imaginer qu’à cette époque, la ville était très pauvre… et que malgré cela, l’accueil a continué à être donné. Et puis il y a eu un véritable échange de savoir-faire entre les Huguenots et les gens d’ici. Leur talent d’orfèvres a notamment abouti à la précision horlogère pour laquelle notre pays est réputé.»
«Oser rêver grand parfois »
La thématique a séduit, créant notamment une grande ferveur au moment du casting, puisqu’entre les choristes, les acteurs et les musiciens, ce sont plus d’une centaine de personnes qui se sont portées candidates. «On aime ces grandes fresques historiques, ces aventures géantes, ces temps où l’on est une grande famille», sourit Cyril Ansermet lorsque l’on ose un parallèle avec le succès de la Fête des Vignerons.
«Beaucoup de gens sont venus en famille pour participer à cette création qui rassemble des personnes de 6 à 80 ans. Trouver une place pour chacune et chacun aura constitué un vrai défi, mais avoir devant soi une telle matière théâtrale, avec plus de 80 personnes sur scène, est très beau pour un metteur en scène; il y a vraiment de quoi faire de beaux tableaux. Qui plus est dans cette magnifique Salle Del Castillo, une salle d’époque pour un spectacle d’époque.»
Cyril Ansermet avoue d’ailleurs avoir eu «quelques frissons» lors des premiers filages en costumes. «Il y a une émotion, une poésie, et l’implication des gens est belle et se sent vraiment.» Répété à partir de la rentrée seulement, à raison d’un week-end et une matinée par mois, «Vevey 1688» aura vite fait le plein, puisqu’aujourd’hui il faut même se dépêcher pour obtenir des places pour la supplémentaire agendée au dimanche 21 décembre à 20h. «J’en ai été la première étonnée, admet Katia Baechler. Mais je crois que les gens qui habitent Vevey aiment leur ville. Et puis, peut-être, faut-il oser rêver grand parfois…»
Plus d’infos: vevey1688.ch
«Vevey 1688» à la Salle Del Castillo, à Vevey, vendredi 19 (20h), samedi 20 (16h30 et 20h) et dimanche 21 décembre (16h30). Supplémentaire dimanche 21 décembre à 20h.
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