Des tables qui font bien plus que nourrir
À l’Auberge de la Croix Blanche à Granges, Céline Ferrand et Jean-Paul Chappot inaugurent un coin épicerie, nouveauté du village.
Depuis le 5 janvier, Valentin Demierre et Élodie Philipona dirigent «La P’tite Table» à Saint‑Martin. | J. Collet
Plus qu’un simple lieu où boire un café, le tea-room de Saint-Martin s’est imposé comme un point de proximité où les habitants du village se retrouvent et échangent. Après quatre ans sous la houlette de Magalie Sonney, cette adresse a été reprise le 5 janvier par Élodie Philipona et Valentin Demierre, qui l’ont renommée «La P’tite Table».
À 26 et 34 ans, le couple s’est lancé dans ce «joli projet». «Élodie avait envie de nouveauté dans sa vie professionnelle», explique le trentenaire, né à Saint-Martin et par ailleurs mécanicien indépendant. Elle connaît elle aussi bien le district, puisqu’elle a grandi à Granges. «J’ai travaillé à Semsales, à la fromagerie–tea-room de Manu Piller, explique la jeune femme. La clientèle y était un peu la même qu’ici, surtout des habitants du village ou des communes alentour, des personnes âgées et beaucoup d’ouvriers à midi.»
Se diversifier
pour être rentable
Élodie Philipona assure la direction de «La P’tite Table», son compagnon la seconde au service. L’équipe est complétée par une cuisinière engagée à 100%, ainsi que par deux autres employées à plein temps.
Ouvert chaque jour en journée, l’établissement complète son offre par une épicerie de proximité. Dans les rayons, on trouve des produits de première nécessité, ainsi qu’une belle sélection de produits locaux, comme les fromages de la laiterie-fromagerie Bouloz-Porsel ou la viande de la ferme des Planches à Semsales. «Les deux activités se complètent bien et permettent de rester viables financièrement», note Élodie Philipona. L’épicerie compense le fait que le tea-room ne soit pas ouvert le soir. «On voulait aussi préserver un peu de temps pour nous», souligne Valentin Demierre.
En parallèle, le jeune couple loue les deux salles attenantes de l’Auberge de la Croix Fédérale, avec possibilité de menu sur demande. «En un mois, nous avons déjà accueilli deux soirées d’anniversaire et plusieurs repas de groupes sont déjà prévus», indique le Saint-Martinois, reconnaissant l’implication active des habitants. «Le contact avec la clientèle, c’est le plus important et le plus sympa, renchérit Élodie Philipona. Tout le monde se connaît ici, et les habitués sont vraiment adorables.»
Retisser de la convivialité
En poste depuis le 1er novembre 2025, les nouveaux patrons de l’Auberge de la Croix Blanche peuvent s’appuyer sur une solide expérience en restauration. À presque 50 et 65 ans, Céline Ferrand et Jean-Paul Chappot, tous deux habitants de Granges, ont repris les commandes de l’établissement, avec pour objectif de redonner vie à un lieu peu fréquenté ces dernières années et de créer un espace convivial pour les villageois.
«Pour que cela fonctionne, il faut plus que de l’expérience, il faut de la sympathie et être présent chaque jour. Les clients s’attendent à trouver au moins l’un de nous sur place», souligne Céline Ferrand.
Ouverte toute la semaine, l’Auberge de la Croix Blanche propose une cuisine traditionnelle et du terroir, ainsi que quelques soirées à thème, comme la raclette. Si Jean-Paul Chappot est particulièrement fier de son buffet à salade, la vraie nouveauté réside en leur coin épicerie dans la salle à manger. Seul point de vente du village, ce petit magasin ouvert depuis à peine un mois propose des produits de première nécessité et répond à une demande formulée par la population lors de précédentes rencontres citoyennes.
Au service des habitants
Pour l’approvisionnement, le couple mise sur les circuits courts et les produits locaux. «Le pain et les viennoiseries sont disponibles sur commande. Les yogourts viennent de <Chez Manu>, à Semsales. Pour les autres produits frais, nous cherchons encore nos fournisseurs», détaille Céline Ferrand. Il est également possible de passer des commandes personnalisées.
Ici, l’épicerie se veut essentiellement un service à la population, sans vocation à faire tourner l’établissement. «C’est avant tout pour dépanner. L’autre jour, par exemple, on a vendu quatre pizzas surgelées: des clients étaient venus boire l’apéritif et se sont rendu compte qu’ils ne savaient pas quoi manger le soir même», expliquent les tenanciers.
Avec le printemps, le couple espère voir le lieu s’animer et fidéliser sa clientèle. «Les habitants viennent boire un café ou passer un moment, et nous avons déjà pas mal de monde. Les Grangeois nous soutiennent.»




