
Plus de 16 millions de francs comme tombés du ciel… C’est le genre de cadeau dont toute collectivité peut rêver. L’an dernier, la Commune de Blonay-Saint-Légier a vu cette somme astronomique arriver dans ses caisses, et ce de manière tout à fait inattendue. «Une telle proportion est inédite dans l’histoire de notre Commune», souligne Sarah Lisé, municipale chargée des finances.
Ce gros lot provient de l’impôt sur les donations, qui a été perçu à un volume «hors-norme» en 2025 par l’administration. Lors de cet exercice, sept actes de donations ont été taxés générant un total de recettes de 32,8 millions de francs. Comme le veut la loi, la moitié de cette somme a été reversée au Canton.
Sur le principe, cet impôt est payé par la personne qui reçoit un don. «À Blonay-Saint-Légier, les donations en ligne directe ne sont pas taxées», précise l’élue. Au contraire des donations dites en «ligne collatérale» (frères, sœurs, oncles, tantes, neveux, nièces et cousins) ou entre personnes sans lien de parenté. «Le taux d’imposition est variable selon le degré de parenté entre le donateur et le bénéficiaire.»
De quel type de dons est-il question ici? «Nous n’avons pas de détail spécifique sur leur nature, répond Sarah Lisé. Il peut s’agir par exemple de biens immobiliers, d’argent ou encore de transmissions d’entreprises. Précisons par ailleurs que ces sept donations ne se rapportent pas à sept personnes physiques distinctes.»
Quant à savoir pourquoi autant de patrimoines ont été transmis l’an dernier dans la commune, l’élue parle de «concomitance». «C’est le principe même de cet impôt: il dépend entièrement des décisions de transferts privées.»
Une «bouffée d’oxygène»
Une surprise de 16,4 millions, qui vient s’ajouter aux 57,7 millions de francs de recettes fiscales attendues pour 2025: autant dire que la gardienne de la tirelire communale a le sourire. «Cette bouffée d’oxygène améliore notre capacité de financement, alors que nous devons faire face à des investissements majeurs, comme la rénovation du collège de Bahyse. Cela nous permettra d’aborder ces grands chantiers plus sereinement, tout en limitant le recours à l’emprunt.»
Pour 2026, les prévisions financières s’annoncent tendues, avec un déficit prévu de 5,6 millions de francs. «Sans pour autant changer les équilibres de ce budget déjà validé, ce supplément de liquidités renforce indéniablement la solidité de nos finances», conclut Sarah Lisé.
