
L’ingénieur-géomètre compte parmi les «plus discrets des premiers rôles», comme il est parfois qualifié, soit un acteur incontournable pour tout projet entrepris par un propriétaire foncier, qu’il s’agisse de la Confédération, d’un Canton ou d’une Commune, d’une compagnie ferroviaire, d’une entité parapublique ou d’un privé.
Sur l’Est vaudois, tout ce beau monde a forcément travaillé avec Géo Solutions ingénieurs SA à un moment ou à un autre. En effet, si le bureau de Vevey a fêté ses 100 ans en 2021, l’histoire de l’entreprise est plus ancienne encore. «Mais nous ne savons pas grand-chose de la famille Blanc qui détenait l’entreprise avant cette date», explique Philippe Grobéty, le plus âgé des sept associés de la société qui compte trois autres bureaux à Aigle, Château-d’Œx et aux Diablerets.
Cette longévité, le Leysenoud Etienne Borloz, arrivé comme associé en 2011, l’attribue en premier lieu a un souci constant «de garder une bonne pyramide des âges au sein du personnel». En d’autres termes, un bon équilibre entre anciens et plus jeunes, tant parmi les associés qu’au sein de la trentaine de collaborateurs.
2026 en est un bon exemple: le co-directeur du bureau de Vevey, Michel Cardinaux, parti à la retraite fin décembre, a été remplacé par Bertrand Wüthrich. Par ailleurs, le départ progressif du même Philippe Grobéty d’ici à fin 2026, après 22 ans de service, est d’ores et déjà compensé par l’arrivée récente de Raphaël Burkhard.
Ces successions, qui peuvent paraître naturelles, ne le sont pas toujours. «Des entreprises cherchent des repreneurs, mais ne trouvent pas toujours, constate Etienne Borloz. Pour nous éviter cette situation, nous cherchons à nous renouveler progressivement.» Un objectif qui va de pair avec un autre, selon Philippe Grobéty: «Fidéliser les personnes qui passent chez nous! Nous y parvenons avec un certain succès, je dois dire, puisque pas mal de nos employés comptent entre 15 et 20 ans d’ancienneté.»
La formation, cette nécessité
Aujourd’hui, l’âge des sept associés oscille entre 33 et 65 ans, avec des collaborateurs plus jeunes et cinq apprentis. «Une nécessité, ajoute Etienne Borloz au sujet de ces derniers. Même s’ils ne restent pas tous, c’est important de garantir une relève bien formée.»
Et pour cause: l’évolution constante du métier appelle à une formation solide et actualisée. Le papier calque millimétré, tachéomètre et autre théodolite – comme celui que Philippe Grobéty sort d’une caisse dans le «coin musée» du bureau d’Aigle – ont fait place au 3D, à l’informatique de pointe, aux drones et autres laserscans. Et à l’intelligence artificielle? «Pour du développement ou analyse à grande échelle, ou encore de la lecture de documents et de vieux croquis, pourquoi pas, lance Etienne Borloz. Une des questions ouvertes, c’est où vont les données, en premier lieu celles qui touchent à la sphère privée. Mais la réflexion sur l’IA est bien là et des projets sur le sujet sont en cours au sein de la corporation.»
Avec ou sans IA, toutes ces compétences sont nécessaires pour mener des chantiers d’envergure. Au jeu de la petite sélection, Philippe Grobéty évoque le tunnel de stabilisation de la zone de la Frasse au Sépey, le hub des TPC à la gare d’Aigle, le tunnel d’amenée d’eau entre L’Etivaz et Montbovon et certains projets de remontées mécaniques, tels que ceux de l’ancienne liaison Vioz-Mazots (entre Les Diablerets et Villars) ou de Leysin-Aï. «Sans oublier le montage de l’arène de la Fête des Vignerons à Vevey en 2019.»
105 Comme le nombre d’années que compte l’entreprise. Et même un peu plus…
340 collaborateurs depuis 1921
2 fusions: en 2001 (avec le bureau Bertrand Croisier) et 2017 (avec Richard et Cardinaux SA). Cette dernière année, la société a pris son nom actuel.
4 bureaux, dont Vevey, celui d’origine et siège, Aigle (depuis 1960), Château-d’Œx (1976) et Les Diablerets (2001). À noter que les locaux d’Aigle, repris à la famille Durand, sont toujours propriété de cette dernière.
100 apprentis formés
60’000 mandats décrochés
