
Vous écouteriez bien le dernier tube de Joe Dassin? Lazare Ducrest possède une grande collection de vinyles. | C. Jenny
Lazare Ducrest le dit lui-même. «Je suis né à la mauvaise époque! Déjà écolier, j’étais différent. J’écoutais de la musique classique, alors que mes camarades scrutaient les tubes du moment.» Deux décennies plus tard, il manifeste toujours une fidélité sans faille à une multitude d’objets des années 1960 et 1970.
Des découvertes surprenantes sont réparties entre son foyer à Lavey et son dépôt sur les rives du Rhône. Une vraie passion pour des objets «rétro» mais qui, pour lui, fait résonner le beau.
Le goût des belles mécaniques
Et s’il vous fait écouter quelques curiosités de sa collection de vinyles, ce sera «Creedence Clearwater Revival», premier album du groupe américain éponyme sorti en 1968 ou un tube de Joe Dassin. Il les glisse sur un mini tourne-disques pimpant de Philips, dont le couvercle fait office de haut-parleur.
Mais le dada principal de Lazare Ducrest, ce sont les belles mécaniques. S’il en a déjà collectionné toute une série, c’est avec une Fiat 131 S de 1979 qu’il circule aujourd’hui au quotidien. Mais ses deux «préférées» sont au garage. D’abord une Citröen 2CV rouge de 1985, superbement entretenue. Un vrai bijou sur pneus qui fut sa première vieille voiture. Et que dire de la Fiat 1300 verte de 1963, voiture très répandue à l’époque, que Lazare Ducrest a pu acquérir en Italie, et qui démarre au premier tour de clef. Il envisage d’ailleurs de l’immatriculer cette année.
Déformation de cheminot
Autre passion: tout ce qui touche au chemin de fer. Logique, car ce fan du vintage conduit des trains professionnellement. Il en a déjà piloté des dizaines et c’est évidemment aux plus anciens – lorsque la mécanique l’emportait sur l’électronique – que va sa préférence. Point étonnant qu’à chaque chantier dans une gare, à chaque visite d’un dépôt ferroviaire, il ait repéré des objets qui font revivre de belles années du rail.
À l’image de panneaux en tous genres, dont des horaires tels qu’ils étaient affichés autrefois dans les gares et réalisés à la main dans un style typographique. Celui qu’il possède de la gare de Berne en 1990-1991 est impressionnant et fait rêver. Ce dernier indique notamment l’heure de départ des trains de nuit pour…Barcelone ou Rome. «Mon premier achat doit remonter à mes 13 ans», se souvient-il. Preuve que sa curiosité pour le vintage remonte à son jeune âge.
Brocanteur dans l’âme, le Chablaisien dit avoir sûrement hérité de ce goût pour l’ancien de son père, avec lequel il chinait. À son tour, il remplit parfois son bus pour aller exposer ses trouvailles à la brocante du col des Mosses, sa préférée. «J’ai notamment une imposante collection de vinyles, ça se vend bien.»
Lorsqu’il arpente les pistes de ski, c’est parfois avec des lattes en bois, bien éloignées des modèles du moment. Au besoin avec la tenue vestimentaire ad hoc. Vous ne le verrez d’ailleurs jamais avec des jeans troués: sa garde-robe et sa coiffure sont aussi en adéquation avec son attrait pour les années 1960 et 1970.
À la découverte de l’ailleurs
Ornithologue amateur, il aime ce contact avec la faune et la flore. Tout comme sa compagne Morgane. Les deux ont déjà pas mal bourlingué – dont un voyage de plusieurs mois en Amérique latine – pour aller à la découverte d’horizons différents. Loin des sixties ou des seventies.
Dernière escapade en date: un séjour prolongé dans un fjord norvégien, afin d’aider à rénover une maison. Son rêve serait de traverser l’Afrique à bord d’une 2 CV améliorée.
