
«Nous devrons certainement présenter des solutions alternatives en juillet», a alerté mercredi dernier le président du Comité d’école Savio Michellod, devant l’assemblée des délégués de l’Association des communes pour le cycle d’orientation de la Veveyse (ASSCOV). Les travaux ne pourront pas commencer à l’automne comme prévu. Le crédit de construction de 25,1 millions avait pourtant été accepté en février par les représentants des Communes.
L’agrandissement du bâtiment Bêta doit répondre à la croissance démographique dans le district: un pic de 900 élèves est attendu d’ici à 2035, contre 750 aujourd’hui. Dès la rentrée 2027, les bâtiments actuels seront pleins. Les Communes espèrent toucher 4 millions du Canton. Problème: ce dernier n’a pour l’heure rendu aucune décision sur l’attribution d’une subvention. Et la situation semble mal embranchée.
La Commission des constructions scolaires a rendu un quatrième préavis négatif à l’attention de la Direction des infrastructures (DIME) fin janvier 2026. Cette dernière examine les suites à donner, avant une transmission au Conseil d’État, qui aura le dernier mot. Sans garanties de subventions cantonales, le projet d’agrandissement du cycle est dans une impasse.
Un marché public mal attribué?
La DIME accuse les Communes veveysannes de ne pas avoir respecté la loi sur les marchés publics en octroyant le mandat d’architecte «de gré à gré», sans procédure ouverte et sans étude préliminaire. «Les éléments requis pour satisfaire aux conditions légales du subventionnement n’ont pas été réunis», répond Sonja Gerber, secrétaire générale de la DIME.
Un argument qui ne convainc pas Savio Michellod. «Nous sommes certains d’avoir fait les choses correctement. La vérité, c’est qu’il n’y a pas d’argent à disposition, car l’État n’a pas planifié le financement des bâtiments scolaires sur le long terme, en dépit de la forte croissance démographique.» Leur bonne foi, les Communes sont prêtes à la défendre devant les tribunaux. «Pour 4 millions, nous prendrons un avocat», assène Savio Michellod.
Seulement, l’absence de réponse définitive de la part du gouvernement court-circuite le lancement de toute procédure. «Nous préférerions une réponse négative qui nous permettrait de faire avancer le dossier en partant au combat. En l’état, nous perdons du temps.» Le Canton, lui, renvoie encore une fois la faute sur les Communes. «La procédure aurait pu être beaucoup plus rapide si le dossier de demande de subventions avait été rectifié dans le sens des exigences légales, plutôt que de tenter de forcer le passage d’un dossier non conforme par des pressions politiques.»
L’ASSCOV a demandé à être entendue une nouvelle fois par la DIME. Une rencontre aura lieu sous peu. La DIME rappelle que la commission interdépartementale chargée des subventions exige toujours que les Communes concernées adaptent leur projet au droit en vigueur.
En attendant, ce sont les étudiants et les enseignants qui subiront les conséquences de ce retard. Dès 2027, certaines classes devront être données dans du provisoire, par manque de place.
