
La coureuse d’Ollon a avalé les près de 2’500 marches de l’épreuve en un peu plus de 26 minutes. | DR
Maude Mathys, vous avez parfaitement entamé votre saison fin avril en remportant votre première course et pas n’importe où! C’était comment?
– En fait, il y a eu deux courses de Coupe du monde en deux jours dans la région de Pékin. J’ai gagné la première, une verticale de 3,5 kilomètres sur la Muraille, qui avait une particularité: la quasi-totalité du parcours était composé d’escaliers. Il devait y en avoir plus de 2’500! Je n’avais jamais connu cela dans ma carrière. À l’arrivée, mes jambes étaient comme tétanisées, je n’arrivais plus à les plier tant j’avais des crampes. Le lendemain, il y avait encore un trail de 18 kilomètres dans les montagnes proches de la capitale chinoise. Comme j’avais toujours des douleurs en marchant, j’ai failli renoncer, mais j’ai quand même pris le départ. J’ai fini troisième, de quoi être aux anges, car avec des athlètes d’une vingtaine de pays, dont des Africaines et des Américaines, le niveau était très relevé.
Quelle était l’ambiance sur place?
– Le long de la Muraille, il y avait très peu de spectateurs. Ce qui m’a frappée en revanche, c’est le nombre d’athlètes chinois inscrits pour le trail. Ils devaient être plus de 2’500! Cette discipline devient de plus en plus populaire dans ce pays.
Vous avez profité de ce séjour pour visiter un peu Pékin?
– J’avais déjà couru en Chine dans les montagnes du Sichuan. Mais oui, je suis restée quatre jours pour découvrir cette immense mégapole qu’est Pékin. On met parfois plus de deux heures en métro pour aller d’un point à un autre de la ville. Il y a plein de très beaux temples et j’ai mangé beaucoup de riz. Ce qui m’a étonnée, c’est que peu de gens parlent anglais là-bas. On communiquait principalement via Google Traduction.
Et maintenant, place au reste de la saison!
– Oui, je vise surtout les championnats d’Europe qui auront lieu début juin à Kamnik, en Slovénie. Je vais m’aligner sur le long parcours: un trail de 55 kilomètres. C’est la discipline sur laquelle je me sens le plus à l’aise aujourd’hui. J’ai déjà remporté cinq titres européens, le dernier en 2022, et j’espère monter sur le podium même si le niveau ne cesse de s’élever au fil des saisons. Je ne suis pas encore à 100%, mais j’ai un bon bloc d’entraînement devant moi.
Vous avez aussi Sierre-Zinal en ligne de mire? C’est votre course fétiche, non?
– Bien sûr, je serai au départ pour la neuvième fois, je pense, si je compte bien. C’est la course la plus populaire de Suisse et elle offre aussi une super visibilité grâce aux médias et aux sponsors. Je l’adore.
Vous fêterez vos 40 ans l’an prochain. Avez-vous déjà songé à votre retraite sportive?
– Non. Je ne me suis fixé aucune date. Mais avec l’âge, gérer les blessures et récupérer deviennent de plus en plus difficiles. Aujourd’hui, j’avoue, j’ai plus de plaisir à m’entraîner que lors des compétitions elles-mêmes. Je continue à faire des séances de deux heures par jour environ, de la course, mais aussi de la musculation, du vélo. Il faut varier les plaisirs pour durer!
